Les découvertes

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 21 janvier 2015 - 623 mots

Giulia Andreani
Née en 1985, Galerie Maïa Muller, Paris
Traces, archives, mémoire… ce sont là quelques-uns des constituants qui caractérisent la démarche de Giulia Andreani. Le bleu qu’elle a volontiers privilégié au début lui servait à instruire un climat qui en excédait la puissance expressive. Dans ses peintures, l’Histoire est au rendez-vous d’une imagerie mémorielle qui puise ses modèles dans certaines périodes des années noires du XXe siècle. Peintre de figures, Andreani se plaît à les rassembler en groupe sans que l’on sache vraiment si ce qu’elle nous montre est ou non de l’ordre de la réalité. Seul compte à ses yeux de réussir à traduire une présence.
« Giulia Andreani », du 14 mars au 18 avril 2015, galerie Maïa Muller, 19, rue Chapon, Paris-3e, www.galeriemaiamuller.com 
giuliaandreani.blogspot.com

Antoine Carbonne

Né en 1987, Galerie Virginie Louvet, Paris
Antoine Carbonne aime se saisir de situations quotidiennes, travaillant à partir d’images récoltées par ses soins ici et là dans une relation directe au réel. Où celui-ci fait l’objet de toutes sortes de transformations et de décalages, c’est dans la manière qu’a l’artiste de les saisir, voire de les recomposer pour leur inventer une autre spatialité et une autre temporalité. Il en résulte une image peinte inédite, qui gagne son identité de la collusion entre mémoire, imaginaire et vision intérieure. Tous les sujets se prêtent à son jeu, aussi constitue-t-il une œuvre comme un livre d’heures contemporaines, subjectives, parfois idéalisées.
www.antoine-carbonne.com

Marion Charlet 
Née en 1982, Galerie Virginie Louvet, Paris
Si la nature est le sujet de prédilection de la peinture de Marion Charlet, c’est qu’elle lui permet
de constituer toutes sortes de compositions plus ou moins imaginaires dans lesquelles elle invite le regard à se perdre. Ses tableaux s’ouvrent sur des mondes proprement innommables dont on ne sait s’ils procèdent d’une vision onirique, de la quête d’un ailleurs ou de la tentative d’une projection mentale dans l’espace et le temps. Tout y est en fuite, en suspens, en navigation. Béance et clôture, étendue et raccourci, fluidité et construction… L’art de Marion Charlet met en échec toute tentative rationnelle de penser l’espace.
« Marion Charlet », printemps 2015, Galerie Virginie Louvet, 48, rue Chapon, Paris-3e, virginielouvet.com 
www.marioncharlet.com

Sépànd Danesh
Né en 1984, Sans galerie
Franco-iranien ayant été formé aux Beaux-Arts de Paris (atelier de Philippe Cognée), Sépànd Danesh a commencé par peindre des objets isolés sans rien autour ou des formes géodésiques d’après Buckminster Fuller. Depuis quelque temps, il peint les intervalles et les espaces entre les objets : cela donne des vues d’intérieur énigmatiques exposant dans des coins des images encadrées qui sont comme autant d’ex-voto se référant à des traces mémorielles : souvenirs personnels ou images d’archives. Sans galerie attitrée, bien qu’en relation avec plusieurs (Under Construction Gallery à Paris et la Galerie l’antichambre à Chambéry), Danesh montrera l’été prochain son travail au Mac/Val.
« Chercher le garçon », exposition collective avec Sépànd Danesh, du 7 mars au 30 août 2015, Mac/Val, Place de la Libération, Vitry-sur-Seine (94), www.macval.fr 
www.sepanddanesh.com

Bruno Albizzati
Né en 1988, Galerie Vieille du Temple, Paris
Formé à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, Bruno Albizzati crée des dessins et des peintures qui oscillent entre figuration et abstraction, entre espace physique et espace mental. Dans ses œuvres, réalisées au fusain ou à la peinture associée à du pastel gras et de l’eau de Javel, émergent des formes ambiguës donnant naissance à une série de tensions. De temps en temps, on y reconnaît un détail de chef-d’œuvre, un corps, voire un visage, ou quelques éléments d’architecture mais, ce qui est le plus manifeste, c’est la présence d’une lumière iridescente puissante qui vient manger les formes afin de laisser le vide s’installer dans de grandes plages abstraites.
« Emmanuel Le Cerf, Bruno Albizzati », jusqu’au 25 février 2015, Schuebbe Inc. Gallery, Neubrückstrasse 6, 40213 Düsseldorf (Allemagne), www.schuebbeinc.com
cargocollective.com/brunoalbizzati 

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°676 du 1 février 2015, avec le titre suivant : Les découvertes

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