Centre d'art

LIEU CULTUREL

Fluctuart invente le centre d’art flottant et festif

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 18 mars 2019 - 512 mots

PARIS

Installée à proximité du pont des Invalides, la barge qui associe bar, restaurant, librairie et lieu d’exposition d’art urbain doit ouvrir fin mai.

Derniers travaux intérieurs pour la barge avant son ouverture fin mai. © Photo : Nicolas Laugero Lasserre
Derniers travaux intérieurs pour la barge avant son ouverture fin mai
© Nicolas Laugero Lasserre

Paris.« C’est le projet de ma vie », avoue Nicolas Laugero Lasserre, le visage de ce nouveau lieu culturel, l’un des vingt lauréats en 2017 du programme « Réinventer la Seine ». Cet ardent promoteur de l’art urbain, par ailleurs directeur de l’Icart (École du management de la culture et du marché de l’art) et fondateur d’Artistik Rezo, a réussi à convaincre le jury et les Ports de Paris de lui accorder une concession de vingt ans au pied du pont des Invalides à Paris afin d’y installer une barge.

Cette barge, comme pour la plupart des lauréats, sera occupée principalement par un bar avec terrasse, et un restaurant rapide « de qualité ». Jusqu’ici rien de neuf par rapport aux péniches situées de l’autre côté du pont. L’originalité du projet réside dans l’offre cultuelle. Fluctuart – c’est le nom de la barge – dispose d’un espace réservé de 300 m² dans lequel seront organisées des expositions, gratuites, d’art urbain. L’artiste américaine Swoon inaugurera les lieux fin mai. Un emplacement a également été alloué à une librairie qui ambitionne de devenir un lieu de référence sur l’art urbain. Enfin des œuvres phares et représentatives du courant, issues de la collection de Nicolas Laugero Lasserre, décoreront le restaurant.

Non loin du Grand Palais

L’atout de ce lieu festif et culturel tient à l’architecture de la barge. L’embarcation ne ressemble pas à ces péniches-restaurant disposées tout au long de la Seine. Elle a été imaginée par l’architecte Gérard Ronzatti à qui l’on doit plusieurs lieux flottants. « Je veux effacer les limites, revendique-t-il, afin de profiter le plus possible de cette situation privilégiée sur la Seine. » Il en résulte un bâtiment, sur trois niveaux, tout de verre, offrant de multiples perspectives vers l’extérieur, à commencer par l’entrée, surnommée « la plage », soit une trouée inédite au centre de la barge qui lui donne sa personnalité. « Les architectes des Bâtiments de France – nous sommes dans un espace protégé –, ont été très bienveillants », tient-il à préciser.

La barge a été construite par les chantiers navals Manche Industrie marine (MIM) à Dieppe avant d’être acheminée en janvier à son emplacement définitif pour y recevoir des travaux d’aménagement intérieur.

Fluctuart coûte 4 millions d’euros, un budget financé par un apport des fondateurs, un prêt bancaire et une participation de la BPI. Les investisseurs ont été rassurés par le modèle économique : 70 % des recettes viendront du bar et du restaurant et 30 % de la location pour des événements. La localisation, point crucial pour tout commerce de bouche, est exceptionnelle. À quelques centaines de mètres du Grand Palais, « 2 millions de passants empruntent les berges», rappellent les promoteurs. Les banquiers ont également été mis en confiance par l’un des associés, Géraud Boursin, un polytechnicien qui exploite déjà avec succès une péniche restaurant-spectacle. « L’exploitation sera rentable dès la première année, affirme-t-il, avec une ouverture midi-minuit, sept jours sur sept. » L’affluence des premiers jours d’ouverture, prévue fin mai, devrait assez vite donner la tendance.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°519 du 15 mars 2019, avec le titre suivant : Fluctuart invente le centre d’art flottant et festif

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