Mercredi 25 novembre 2020

Disparition - Photographie

Décès du photographe Frank Horvat, grand portraitiste des femmes

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 21 octobre 2020 - 333 mots

Le photographe Frank Horvat, grand voyageur, observateur de la mode et de la rue, auteur de saisissants portraits de femmes, est décédé à l'âge de 92 ans, a-t-on appris mercredi auprès de la galerie Lelong à Paris. 

Frank Horvat. © CEA +, 2011
Frank Horvat.
Photo CEA +, 2011

Il avait fait l'objet dans cette galerie jusqu'à début d'octobre d'une exposition, présentant une série de portraits sensuels et colorés de femmes dans la tradition de la peinture classique. Il avait choisi de reconstituer des tableaux célèbres en faisant poser des modèles féminins contemporains.

D'origine italienne, né en 1928 à Abbazia (aujourd'hui Opatija en Croatie) de parents médecins, juifs et originaires d'Europe Centrale, Frank Horvat vivait à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Frank Horvat, Maya (a), d'après Renoir, 1983, impression jet d’encre pigmentaire, 120 x 81 cm. © Frank Horvat
Frank Horvat, Maya (a), d'après Renoir, 1983, impression jet d’encre pigmentaire, 120 x 81 cm.
© Frank Horvat

Il avait rencontré Henri Cartier-Bresson en 1950. Rencontre importante qui devait l'inciter à entreprendre un voyage de deux ans en Asie, en tant que photojournaliste indépendant.

Dans les années 1960, il avait acquis une renommée internationale par ses photos de mode, considérées comme renouvelant le genre, avec un style plus réaliste et moins guindé.

Frank Horvat a vécu en Suisse, en Italie, au Pakistan, en Inde, en Angleterre et en France, où il s'était installé à la fin des années 1950. Partagé entre la saisie de l'immédiateté et la nostalgie, il est aussi l'auteur de trois essais photographiques en couleur destinés à des expositions et à des livres.

Le musée Maillol, à Paris, lui avait consacré en 2000 une double exposition avec des « vintages » (tirages d'époque) de « Paris 1950 », mais aussi « 1999, un journal photographique », chronique de choses vues pendant 360 jours, qu'il avait défini comme « une sorte de tableau composite de (son) horizon visuel. »

« Je n'ai pas fait des photos de guerre, de misère, de souffrance ou de folie : non pas par indifférence à ces malheurs, mais parce que je ne me sens ni la justification morale, ni le courage physique pour affronter de telles situations en tant que photographe », expliquait-il alors. Quant aux célébrités, « elles ne font pas partie de mon monde », ajoutait-il.

Cet article a été publié par l'AFP le 21 octobre 2020.

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