Mercredi 25 novembre 2020

Centre d'art

Albi : un nouvel espace pour le centre d’art le LAIT en 2023

Par Lorraine Lebrun · lejournaldesarts.fr

Le 29 octobre 2020 - 757 mots

ALBI

Le projet de nouvelle implantation du centre d’art contemporain, privé de lieu dédié depuis près de trois ans, prend forme.

L'école Camille Claudel où va déménager le centre d'art Le LAIT en 2023. © Le Lait
L'école Camille Claudel où va déménager le centre d'art Le LAIT en 2023.
© Le Lait

Le centre d’art contemporain le LAIT (Laboratoire Artistique International du Tarn) devrait bientôt s’installer dans les locaux de l’ancienne école maternelle et primaire Camille Claudel, définitivement fermée depuis la rentrée 2019. 

Le directeur du LAIT, Antoine Marchand s’avoue content à la perspective de cette localisation qui permettra au centre de bénéficier, après une période d’instabilité, d’un lieu pérenne  dans ce bâtiment de 400 m².  « Le lieu proposé est intéressant car il va nous permettre de réunir sur un même site les expositions, les résidences d’artistes mais aussi des espaces dédiés à l’accueil des groupes et au travail de médiation scolaire et non-scolaire ainsi qu’à l’accueil d’une programmation culturelle (ateliers, conférences, projections). De plus, le voisinage d’autres institutions culturelles dépendant du Département ouvre les possibilités de développer des liens. » explique-t-il au Journal des Arts.

Créé en 1982 sur une initiative départementale par Jacky Ruth-Meyer (qui le dirigea durant 36 ans) sous la forme d’une association loi 1901, ce centre d’art qui se veut un laboratoire de création et de transmission en art contemporain a connu ces dernières années quelques turbulences. En 2009, son antenne de Castres se voit contrainte de fermer ses portes. Fin 2017, la vente par le département des Moulins Albigeois le force à quitter les locaux qu’il occupait depuis 28 ans. 

C’est le début d’une période d’itinérance et d’évènements « hors-les-murs » qui se poursuit jusqu’à ce qu’un bail temporaire soit signé avec la Ville, permettant son installation provisoire en septembre 2019 dans l’Hôtel de Rochegude, un hôtel particulier du XVIIe siècle. Mais la situation n’est pas idéale car pas définitive. Antoine Marchand, directeur du LAIT depuis avril 2018, le sait bien. « C’est très compliqué de ne pas avoir un lieu identifié par le public. »

L'hôtel de Rochegude, où réside actuellement le centre d'art. © Phoebe Meyer
L'hôtel de Rochegude, où réside actuellement le centre d'art Le Lait
© Phoebe Meyer

Mais le ciel s’éclaircit. Le centre d’art obtient en 2019 le label Centre d’art contemporain d’intérêt national (« CACIN »), et l’installation dans un lieu situé à quelques centaines de mètres de la cathédrale d’Albi et du musée Toulouse-Lautrec va mettre fin à l’incertitude. Il s’inscrit dans un projet de territoire et de redynamisation du quartier engagé par la municipalité. Mais pas seulement. « Nous sommes identifiés comme la structure d’art contemporain de la ville mais même au-delà, au niveau du département, puisque le centre d’art a un rayonnement à l’échelle départementale. »

« Le centre est très impliqué auprès des scolaires du département et nous faisons beaucoup d’accueil de groupes. Ce qui est intéressant dans l’histoire de ce qui était encore une école jusqu’à récemment, c’est qu’elle va rester un lieu de transmission. Nous allons en quelque sorte perpétuer l’identité du lieu. » 

Antoine Marchand compte également profiter de capacités de logement pour accueillir des résidences d’artistes plus longues que celles que le centre est actuellement en mesure de proposer. « Nous envisageons à la fois des résidences de création, qui donneront lieu à des expositions, mais aussi des résidences de recherche en accueillant pourquoi pas des commissaires d’exposition et des théoriciens, sans qu’il y ait nécessairement de production. »

« Les résidences sont très importantes, car elles permettent une rencontre avec les artistes et offrent souvent des moments d’échanges riches pour le public. Nous voulons les développer dans le sens d’une collaboration avec d’autres structures de la région. Cette implantation territoriale, c’est vraiment dans l’ADN du centre d’art. »

Le centre devra quitter les murs de l’Hôtel de Rochegude le 31 décembre 2021. Et prépare déjà la période d’itinérance qui devrait suivre avant de pouvoir investir les lieux, en visant le premier semestre 2023. « Nous allons tenter de développer des expositions dans les lieux partenaires du département ou de la région, qui peuvent nous accueillir le temps d’une exposition que nous pourrions par exemple co-produire, mais aussi en profiter pour développer la politique éditoriale ainsi que, en parallèle de la refonte du site internet, la création d’une plateforme en ligne qui devient un potentiel espace d’exposition numérique qui prend tout son sens en des périodes comme celle-ci. Il va falloir être imaginatif. »

Reste à monter le financement de l’opération, qui se chiffre à 1,2 million d’euros, pour réaménager les locaux. Une enveloppe de 400 000 euros du département du Tarn est déjà assurée. La somme restante devrait être répartie entre la région Occitanie, l’État, et éventuellement la Ville.

Avant le re-confinement, l’exposition « Jeremiah Day – “Si c’est pour les gens, ça doit être beau”, dit-elle » se tenait à l’Hôtel de Rochegude.
 

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