Mardi 21 septembre 2021

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Louis-Antoine Prat, « Les dessins français au XIXe siècle »

Louis-Antoine Prat a publié sous forme d’ouvrage son cours magistral donné à l’École du Louvre

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 31 janvier 2012 - 448 mots

On ne compte plus les ouvrages savants et autres catalogues raisonnés compilés par Louis-Antoine Prat, spécialiste mondial ès dessins, grand collectionneur et conseiller au département des Arts graphiques au Musée du Louvre, auprès duquel il est chargé de mission depuis 35 ans.

En 2007, Louis-Antoine Prat est revenu sur les lieux de ses premiers pas dans l’histoire de l’art, l’École du Louvre. Il s’est attaqué à un sujet qui lui tenait à cœur : l’histoire du dessin français au XIXe siècle, à la faveur d’un cours dispensé sur une période de trois ans. Coédité par les Musées du Louvre et d’Orsay, en partenariat avec Somogy, Le Dessin français au XIXe siècle est le fruit de cet enseignement, une nouvelle somme aussi érudite qu’accessible au plus grand nombre.

Dans ce passage en revue d’un XIXe siècle riche en ruptures avec la tradition et tentaculaire en termes d’élans vers la nouveauté, Louis-Antoine Prat se dit frappé « par le décalage entre le rôle qu’a pu jouer tel artiste dans l’évolution de l’histoire de la peinture et son peu d’importance dans le domaine purement graphique », et cite l’exemple de Monet et Courbet. Malgré une trajectoire parallèle, cette histoire du dessin se révèle tout à fait dissociée de celle de la peinture au cours de ce siècle foisonnant. Si l’étude donne une large place à la Sainte Trinité constituée par Jacques-Louis David, Jean-Auguste-Dominique Ingres et Eugène Delacroix (légataire d’une dizaine de milliers de dessins), Louis-Antoine Prat s’est efforcé de ne laisser personne sur le bas-côté, et a accueilli avec la même grâce les dessins de sculpteurs, ou ceux signés par des amateurs éclairés, pas peintres pour un sou – comme Charles Baudelaire ou Victor Hugo. Les limites de sa sélection sont plutôt stylistiques. Ainsi, la chronologie exclut les Nabis, actifs dans la dernière décennie du siècle, car l’auteur considère qu’ils appartiennent davantage « à une modernité future ».

Outre son caractère indispensable sur le plan de l’histoire de l’art, l’ouvrage brille par les analyses de son auteur. En fin observateur, il dégage plusieurs tendances dans le siècle, parmi lesquelles la diversification des médias et des méthodes originales inventées par les artistes (collage, monotype, effet charbonneux du fusain, surface du papier grattée…), le rapport du dessin à l’écrit, la préoccupation des dessinateurs pour leurs contemporains ou encore le regard ininterrompu vers l’antique et la copie des maîtres anciens. Le champ d’études est vaste, et la tâche s’est révélée plus complexe que prévue. Mais aucun dessin ne saurait résister à l’auteur.

LOUIS-ANTOINE PRAT, LES DESSINS FRANÇAIS AU XIXE SIÈCLE

Coédité par Somogy, le musée d’Orsay et le musée du Louvre, 2011, 664 p., 150 €, jusqu’au 31 mars, puis 195 €, ISBN 978-2-7572-0449-8

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°362 du 3 février 2012, avec le titre suivant : Louis-Antoine Prat, « Les dessins français au XIXe siècle »

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