Dessin

Louis-Antoine Prat, Le dessin français au XVIIe siècle

Un beau bouquet de feuilles

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 11 décembre 2013 - 431 mots

Louis-Antoine Prat livre le second volet de sa trilogie sur l’histoire du dessin français, consacré ici aux plus belles feuilles du XVIIe siècle.

Faut-il s’en étonner ? Nicolas Poussin, « le patron », inaugure la somme que consacre Louis-Antoine Prat au dessin français du XVIIe siècle. Deux ans après la sortie de l’ouvrage équivalent recensant les plus belles feuilles du XIXe siècle, et en attendant la troisième et dernière livraison consacrée à celles du XVIIIe siècle, le nouvel opus de l’historien de l’art assume son choix : le nom de « Poussin » « s’impose comme celui d’un rénovateur primordial » dans la première moitié du siècle d’or du dessin français (1).

Poussin, donc, en figure de proue de cette étude dont la qualité essentielle est de faire remonter à la surface les noms d’artistes emportés par la montée des eaux de l’histoire de l’art, celle qui n’a laissé de chance de survie qu’à « quelques massifs déjà bien explorés et dûment décrits », tels Claude Gellée, Jacques Callot ou encore Simon Vouet. Ainsi les modestes contributions du Bourguignon Louis Brandin, du Lillois Arnould de Vuez, ou encore du portraitiste Florent de La Mare-Richart, sont-elles passées au crible de l’œil expert et exigeant de Jean-Louis Prat, qui leur fait l’honneur de les inscrire aux côtés de Philippe de Champaigne, Charles Le Brun ou Eustache Le Sueur.

Synthèse claire
Gageons que quiconque s’attelle à la lecture de cet ouvrage de référence sans en connaître l’origine, ne devinera jamais qu’il s’agit là de l’adaptation d’un cours donné trois ans durant à l’École du Louvre. Car si la structure reprend celle du cycle de conférences, le style est travaillé et les informations brillent par leur précision. Organisé de manière tant chronologique, géographique que par sujet (paysage, portrait…), le texte prend appui sur quelques figures solaires (Poussin, Gellée, Le Brun…), autour desquelles s’organise un système satellitaire d’élèves et de suiveurs, mais aussi les figures périphériques des peintres régionaux.

Maîtrisant les moindres recoins de ces galaxies du fusain, de la sanguine et de la pierre noire, l’auteur évite au lecteur l’aridité de la lecture d’un catalogue chronologique ou d’un dictionnaire. Tout en rendant un hommage constant aux travaux de ses confrères et consœurs, Jean-Louis Prat prend le temps de rappeler le cheminement de certaines attributions. En résulte une synthèse claire de l’état actuel de la recherche, qui prend les atours d’une discussion entre spécialistes au fil de laquelle Jean-Louis Prat instille son avis érudit avec l’agréable déférence qui le caractérise.

(1) Louis-Antoine Prat est l’auteur, avec Pierre Rosenberg, du catalogue raisonné de l’œuvre de Nicolas Poussin.

Louis-antoine Prat, Le dessin français au xviie siècle,

coéd. Somogy/Louvre éditions, 664 p., 1 560 ill., 175 € jusqu’au 31 mars 2014, 235 € par la suite.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°403 du 13 décembre 2013, avec le titre suivant : Louis-antoine Prat, <em>Le dessin français au xviie siècle</em>

Tous les articles dans Médias

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque