Mercredi 18 septembre 2019

Nomination

Hilde Teerlinck cède aux pressions, Antoine Réguillon nommé à la direction de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 11 décembre 2014 - 641 mots

PARIS [11.12.14] – Annoncée en septembre dernier par la ministre de la Culture et de la Communication, la nomination d’Hilde Teerlinck à la tête de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges était loin de faire l’unanimité parmi le corps enseignant de cette école. Outre le bilan jugé mitigé de sa gestion du FRAC Nord-Pas-de-Calais qu’elle a dirigé pendant huit ans, c’est le système même de nomination discrétionnaire du ministère qui est critiqué.

Ecole nationale supérieure d'art de Bourges
Ecole nationale supérieure d'art de Bourges
Photo Ji-Elle

Le ministère de la Culture et de la Communication a confirmé les fuites qui circulaient depuis quelques jours : Hilde Teerlinck renonce à la direction de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges. « Constatant l’hostilité que cette nomination suscitait chez certains enseignants de cette école, à la suite d'une campagne de dénigrement à son encontre, elle a estimé préférable, pour la sérénité de l’école et son bon fonctionnement à court terme, de ne pas s’engager dans cette mission ». Fleur Pellerin, a « déploré la campagne de déstabilisation menée à son encontre », constatant « qu’aucun des faits qui seraient reprochés à Hilde Teeerlinck n’a fait à ce jour l’objet d’un jugement ».

La ministre a dans la foulée retenu la candidature d’Antoine Réguillon, actuellement conseiller pour les arts plastiques de la Direction régionale des affaires culturelles du Limousin, pour occuper ce poste à responsabilité. Il succèdera à Stéphane Doré, dont le contrat arrivait à terme.

Des dysfonctionnements au sein du FRAC Nord-Pas-de-Calais
La Belge Hilde Teerlinck (48 ans) a débuté sa carrière en tant que coordonnatrice artistique du Pavillon Mies van der Rohe à Barcelone avant de rejoindre le Centre d’art contemporain de Perpignan. En 2002, elle a été nommée directrice du Centre rhénan d’art contemporain (CRAC Alsace) à Altkirch puis prend la direction du FRAC Nord-Pas-de-Calais sur décision du ministère en 2006. Elle était à ce titre investie d’une double mission : poursuivre le développement de la collection d’œuvres et construire un nouvel édifice pour abriter cette collection.

Si ces objectifs semblent avoir été atteints, (le FRAC possède une collection de plus de 1 500 œuvres et a inauguré en novembre 2013 un bâtiment conçu par les architectes Lacaton et Vassalde de 9 000 m² d’espace d’exposition), les moyens utilisés pour y parvenir sont plus flous. En novembre dernier, un article paru dans La Voix du Nord pointait la gestion des ressources humaines et financières du FRAC Nord-Pas-de-Calais en soulignant le « bilan plus que mitigé » que laissait Hilde Teerlinck au terme de huit années à sa direction.

A l’issue du Conseil d’administration du 5 décembre 2014, les membres du CA du FRAC Nord-Pas-de-Calais ont indiqué que « le départ de la directrice était nécessaire ». La rupture conventionnelle du contrat de travail qui liait, jusqu’au 15 septembre dernier, Hilde Teerlinck et le FRAC est la conclusion juridique du désaccord qui existait entre Hilde Teerlinck et le FRAC.

Une nomination contestée à Bourges
Une autre polémique a surgi lorsque le ministère de la Culture a annoncé la désignation d’Hilde Teerlinck au poste de directrice de l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges. Le conseil d'administration de l'école a d’emblée délivré un avis défavorable à sa nomination et le corps enseignant a demandé à la ministre, par une lettre écrite, de revoir sa décision. Le ministère s’est défendu de tout pouvoir discrétionnaire en précisant qu’Hilde Teerlinck avait été « sélectionnée par un comité de sélection, dûment constitué et composé de professionnels, dont plusieurs membres du Conseil d’administration de l’école, après un appel à candidatures ouvert ». Ce comité avait notamment été sensible à son expertise artistique, à son ouverture internationale et à son ambition pour l’école de Bourges.

La ministre a par ailleurs souhaité que la concertation engagée avec les organisations professionnelles, et notamment l’Association nationale des écoles d’art (ANDEA), se poursuive afin « d’aboutir rapidement à des propositions partagées sur la gouvernance des écoles supérieures d’art ».

Légende photo

Ecole nationale supérieure d'art de Bourges - © Photo Ji-Elle - 2013 - Licence CC BY-SA 3.0

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