Politique

Très contesté, le ministre tchèque de la Culture démissionne

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 17 mai 2019 - 389 mots

PRAGUE / REPUBLIQUE TCHEQUE

Antonin Staněk quittera ses fonctions dans quelques jours suite au licenciement controversé de deux directeurs de musée.

Antonin Staněk en mars 2019. © Photo Hendrik Schmidt/dpa-Zentralbild/ZB/AFP.
Antonin Staněk en mars 2019
© Photo Hendrik Schmidt/dpa-Zentralbild/ZB/AFP

Antonin Staněk ne sera pas resté longtemps ministre de la Culture en République Tchèque. Il a présenté sa démission mercredi 15 mai, soit dix mois seulement après avoir été nommé à ce poste. Dans une lettre adressée à Andrej Babiš, président du gouvernement depuis 2017, l’homme politique de 54 ans dénonce une « campagne enflammée » exercée à son encontre qui l’aurait poussé à partir.

On lui reproche en fait d’avoir démis de leur fonction les directeurs du grand musée praguois la Galerie nationale (Jiří Fajt) et celui du Musée d’Art d’Olomouc (Michal Soukup). Officiellement, ces renvois sont justifiés par un audit négatif ainsi que la découverte « d’actions illicites en vertu desquels ils [les directeurs] pourraient causer une atteinte à la réputation de l’Etat », selon les termes du ministre. Ce dernier avait également prévu d’attaquer Jiří Fajt en justice pour malversation.

« Ce sont de faibles justifications, il s’agit d’une affaire politique. Je me suis efforcé de faire de cette institution un espace de liberté artistique », s’est défendu l’ancien dirigeant de la Galerie nationale. Depuis son arrivée il y a 5 ans, Jiří Fajt avait décloisonné la programmation de l’établissement en multipliant collaborations internationales et invitations d’artistes étrangers, tels qu’Ai Weiwei ou Gerhard Richter.

En République Tchèque et à l’étranger, l’initiative d’Antonin Staněk a provoqué une levée de boucliers. Dans lettre ouverte remise au gouvernement le 7 mai dernier, 7 000 signataires du monde de l’art ont exprimé leur soutien à Jiří Fajt, et exigé la révocation immédiate du ministre. Parmi ces soutiens on compte notamment : Bernard Blistène, l’actuel directeur du Musée national d’Art Moderne, Max Hollein, à la tête du Metropolitan Museum of Art depuis avril 2018, et Maria Balshaw, la première femme directrice de la Tate.

« Je ne ressens plus l’appui de la direction du CSSD [le parti libéral-démocrate auquel appartient Antonin Staněk, ndlr] », a déclaré le ministre de la Culture dans sa lettre de démission, s’estimant isolé dans la « campagne massive » l’incriminant.

Dans un tweet du 15 mai, Jan Hamáček, vice-président du gouvernement, ministre de l’Intérieur et dirigeant du CSSD, a déploré la « turbulence » de la situation actuelle, et indiqué qu’il annoncerait le remplaçant d’Antonin Staněk à la fin du mois.
 

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