Vendredi 20 septembre 2019

Spécial Fiac 2010 - Distribution des prix de l’art contemporain

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 28 septembre 2010 - 823 mots

Temps fort de l’année, la Fiac déclare ouverte la saison des prix. En 2010, trois récompenses tiennent en haleine le monde de l’art le plus contemporain. Revue des favoris et outsiders.

Octobre ouvre le jeu des pronostics et ils vont bon train dans les allées de la Fiac. Car ce mois automnal marque la haute saison des prix d’art contemporain.

Le prix Ricard
Tentation récurrente des entreprises, le prix est loin d’être une lubie récente pour le groupe Ricard puisqu’il s’apprête à récompenser pour la douzième année consécutive un jeune artiste travaillant en France. Donc, pas forcément français. Et Émilie Renard, la commissaire choisie pour l’occasion par la directrice de la fondation, Colette Barbier, ne s’est pas privée. Autour d’une liste restreinte à huit participants (pour faciliter le travail du jury ?), la jeune femme a retenu les travaux de Mick Peter (Écossais), Jessica Warboys (Britannique) et Ernesto Sartori (Italien) auxquels s’ajouteront ceux de Neil Beloufa, Soraya Rhofir, Julien Bismuth, Benoît Maire et d’Isabelle Cornaro. Ces trois derniers artistes ont déjà été largement repérés sur la scène française et tournent beaucoup. Ils font donc logiquement figure de favoris.

En intitulant son exercice « Monsieur Miroir », Émilie Renard s’est plongée avec gourmandise dans les jeux d’analogies, formels et langagiers, triturant la notion d’originalité et sa valeur. Point commun entre les membres de cette famille reconstituée ? L’hybride et le télescopage jusqu’à frôler l’indécision dans des œuvres parfois ultra-complexes.

À ce petit jeu, l’opus filmé par Neil Beloufa, Kempinski (découvert en 2009 à la feue galerie LHK), ferait un bel outsider. Filmés de nuit à Mopti au Mali, de jeunes gens éclairés par le néon qu’ils tiennent à la main narrent, avec le plus grand des sérieux, des histoires à dormir debout. Quand la tradition orale africaine rencontre les délires les plus futuristes dans un objet entre fiction et documentaire, le « miroir » bouscule nos certitudes.

Le prix Duchamp
Dans cette compétition très pacifique des prix, le Duchamp siège toujours dans la cour du Louvre, au cœur de la Fiac. Pour une fois, le prix 2009 – Saâdane Afif – expose en même temps à quelques encablures, à l’Espace 315 (un bout de la récompense). Céleste Boursier-Mougenot, Cyprien Gaillard, Camille Henrot et Anne-Marie Schneider se disputeront quant à eux dans une mini-exposition les 35 000 euros du prix et la reconnaissance du jury. Celui-ci est constitué cette année de Nicolas Bourriaud (ancien directeur du Palais de Tokyo et de la Tate Triennale), Carolyn Christov-Bakargiev (ancienne du Castello di Rivoli promue à la direction de la Documenta 13 de Kassel), des collectionneurs Rosa de la Cruz et Toshio Hara, et du trio institutionnel composé de Gilles Fuchs (président de l’ADIAF à l’initiative du prix), d’Alfred Pacquement (directeur du Musée national d’art moderne) et de Jacqueline Matisse-Monnier.

On a l’habitude de dire que si une femme est nominée, c’est forcément elle qui va gagner. Mais cette année, parité oblige, tout est ouvert. Même si Céleste Boursier-Mougenot compte une longueur d’avance, il est talonné par l’ultra-branché Cyprien Gaillard. Tous deux affichent un parcours et une reconnaissance internationale à faire pâlir d’envie. Le prix va sans doute se jouer entre ces deux-là. Le verdict tombera le 23 octobre, au lendemain de celui du prix Ricard.

Le prix des Galeries Lafayette
Enfin, les Galeries Lafayette, dernières venues sur le terrain l’an dernier, font coup double. Si le grand magasin subventionne seize jeunes galeries, il récompense aussi la programmation de l’une d’entre elles par une acquisition d’œuvre, une aide à la production et une exposition au Palais de Tokyo en 2011. Dans la sélection effectuée par Pierre Bal-Blanc (directeur du Centre d’art de Brétigny), Mathieu Copeland (commissaire franco-britannique), Beatrix Ruf (directrice de la Kunsthalle de Zurich) et Marc-Olivier Wahler (directeur du Palais de Tokyo), quatre Françaises : Sultana, Marcelle Alix, Lucile Corty et Gaudel de Stampa. Et au même moment, Carol Bove, première lauréate l’an dernier, essuiera les plâtres au Palais de Tokyo.

Difficile de chercher à prédire quoi que ce soit, il faudra se faire son opinion sur pied tant la sélection est prospective (les galeries viennent de Dublin, Mexico, Francfort, Gateshead, Zurich, Barcelone ou New York), jeune et largement inconnue du public français. Une pépinière où il faudra trier le bon grain de l’ivraie et surtout parier. À l’heure où les paris sur Internet sont devenus légaux en France, verra-t-on fleurir les book-makers dans les allées de la Fiac ? Verdict entre les 20 et 24 octobre prochains !

Fiac Grand Palais et Cour Carrée

Fiac/Grand Palais
Du 21 au 24 octobre. Avenue Winston-Churchill, Paris VIIIe. Métro : Champs-Élysées-Clemenceau. Horaires : de 12 h à 20 h.

Fiac/Cour Carrée du Louvre
Du 21 au 24 octobre. Rue de Rivoli, Paris Ier. Métro : Palais-Royal-Musée du Louvre. Horaires : de 12 h à 21 h.

Tarifs : 28 € et 15 €. Forfait entrée catalogue, 50 euros (catalogue seul : 35 euros). Laissez-passer 4 jours : 50 euros.
www.fiac.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°628 du 1 octobre 2010, avec le titre suivant : Spécial Fiac 2010 - Distribution des prix de l’art contemporain

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