Dimanche 28 février 2021

PORTRAIT

Shirin Neshat, photographe et vidéaste : l’artiste est la lauréate du prix de peinture du 29e Praemium Imperiale

Par Stéphane Renault · Le Journal des Arts

Le 20 septembre 2017 - 554 mots

1957 Naissance le 26 mars à Qazvin, ville située à l’ouest de Téhéran et ville natale du poète et compositeur persan Aref Qazvini, surnommé le « poète national ». En 1975, à l’âge de 17 ans, en plein régime pro-américain du Shah, son père médecin l’envoie poursuivre des études aux États-Unis. En 1979 éclate la Révolution islamique, l’empêchant de revenir dans son pays d’origine. En 1983, diplômée (Bachelor of Arts) de l’université de Berkeley, elle quitte la Californie pour s’installer à New York, où elle vit. Très vite, elle y travaille pour Storefront for Art and Architecture, un espace alternatif interdisciplinaire de Manhattan.

1990 Premier retour en Iran. Premières œuvres. Première exposition personnelle au Franklin Furnace à New York. Ses séries de photographies « Unveiling » (1993) et « Women of Allah » (1993-1997) questionnent la condition de femmes aux prises avec le fondamentalisme islamique et l’imposent comme une voix importante sur la scène artistique. Ses premières installations vidéo – la trilogie Turbulent (1998), Rapture (1999) et Fervor (2000) – privilégient une dimension narrative empreinte d’imagerie poétique. Confrontant le genre, la société, l’individu et le groupe, elles offrent des lectures multiples. Une polysémie développée dans « Soliloquy » (1999), « Possessed » (2001), « Pulse » (2001), « Tooba » (2002) ou encore dans son film Passage (2001), sur une musique de Philip Glass. En 2004 sort Mahdokht, adaptation du roman Women without Men de Shahrnush Parsipur. Les thèmes présents dans le film, la religion, la violence, la folie ou le genre, sont repris plus tard dans sa série photographique « Zarin » (2005) ou son film Faezeh (2008).

1998 Exposition personnelle à la Tate Gallery, à Londres, et au Whitney Museum of American Art, à New York. Son œuvre est présentée l’année suivante à l’Art Institute of Chicago, en 2000 au Dallas Museum of Art et à la Kunsthalle de Vienne, en 2001 au Musée national d’art contemporain d’Athènes, en 2002 au Walker Art Center à Minneapolis, en 2005 au Hamburger Bahnhof, Museum für Gegenwart à Berlin, en 2006 au Stedelijk Museum à Amsterdam et à la National Gallery of Iceland à Reykjavik en 2008. En 1999, elle remporte le Lion d’or à la 48e Biennale de Venise ; l’année suivante le Grand Prix à la Biennale de Gwangju (Corée). En 2009, son film Women without Men reçoit le Lion d’argent au 66e Festival du film de Venise. Elle a participé aux biennales de Sydney, Johannesburg, Istanbul, à celle du Whitney, à la Documenta 11 (Cassel), aux Triennales de Graz en Autriche, de photographie et vidéo de l’ICP à New York, aux expositions « Moving Pictures » au Guggenheim et « Lights Camera Action » au Whitney. Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux, à Telluride, Chicago, San Francisco, Locarno, Tribeca, Sundance et Cannes.

2017 Le 12 septembre a été révélé le nom des lauréats du 29e Praemium Imperiale, le « Nobel des arts », décerné chaque année depuis 1988 par la Japan Art Association. L’artiste a reçu le prix de peinture, succédant à Cindy Sherman. Le Ghanéen El Anatsui est distingué dans la catégorie « sculpture », l’Espagnol Rafael Moneo pour l’architecture. La cérémonie de remise des prix aura lieu à Tokyo, le 18 octobre. Chaque lauréat recevra la somme de 15 millions de yens (environ 117 000 euros). En septembre, son long-métrage Looking for Oum Kulthum, hommage à la chanteuse égyptienne, a été présenté à la 74e édition du Festival international du film à Venise.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°485 du 22 septembre 2017, avec le titre suivant : Shirin Neshat, photographe et vidéaste : l’artiste est la lauréate du prix de peinture du 29e Praemium Imperiale

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