Vendredi 25 septembre 2020

Artistes

Résidences encadrées

Un contrat-type pour les résidences d’artistes publié cet été a été renforcé par une circulaire du ministère.

PARIS - « C’est un progrès réel », reconnaît-on du côté des organisateurs de résidences comme du côté des artistes. « C’est la seule avancée majeure du quinquennat pour les artistes visuels », commente le Comité des artistes auteurs plasticiens (CAAP). Devenue élément clé d’une carrière dans l’art contemporain, la résidence d’artiste avait besoin d’un cadre juridique et pratique. C’est chose faite, avec la publication de deux documents concomitants cet été.

Le premier est un contrat type, conçu par l’Union des syndicats et organisations professionnelles des arts visuels (USOPAV), la Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens (FRAAP) et la Fédération des professionnels de l’art contemporain (CIPAC), qui tenait ses assises lundi  dernier à Paris. Le contrat est issu d’une réflexion de plusieurs années, notamment menée par l’association « Arts en résidence ». Il a pour but d’éviter les abus régulièrement constatés : absence de rémunération des artistes invités (l’exposition tenant lieu de « récompense »), déséquilibre entre le temps de travail et le temps de médiation socioculturelle ou encore le déni de plusieurs composantes du droit d’auteur (droit de représentation, de reproduction).

Circulaire, mode d’emploi
En parallèle de la rédaction de ce document, les équipes du ministère de la Culture et de la Communication ont publié une circulaire, le 8 juin, destinée aux Directions régionales des affaires culturelles (Drac). Elle précise « le cadre et les types de résidences » qui permettent de répondre aux objectifs de politique culturelle (notamment la pluridisciplinarité, l’insertion professionnelle des artistes, la diffusion territoriale et l’encouragement de l’émergence). La circulaire dessine les contours d’un label informel qui doit permettre aux Drac de mieux arbitrer leurs subventions en la matière. Visant autant les résidences de spectacle vivant que celles d’arts visuels, elle reprend plusieurs éléments du contrat-type : « s’assurer qu’un accord clair a été conclu entre l’artiste et la structure de résidence » ; « rémunération sous forme de bourses… à laquelle peut s’ajouter le paiement de rencontres avec le public » ; rappel des « droits et obligations de chacun au regard de l’œuvre créée ».

Surcharge administrative
Si ces deux textes marquent une avancée réelle dans la protection des artistes, parfois précarisés par des structures supposées les encourager, elle marque aussi une surcharge administrative délicate pour les petites structures. Selon les circulaires, certaines résidences devront désormais signer quatre contrats distincts, sur les modalités de la résidence, sur l’éventuelle acquisition de l’œuvre produite, sur le droit de représentation (exposition) et sur les activités de médiation. À quoi s’ajoutent les rapports d’évaluation à rendre aux Drac. Devant l’expansion notable des résidences ces dernières années, les acteurs du secteur ont sans doute jugé que le jeu en valait la chandelle, quitte à freiner certains élans.

Dans la réédition imminente de son catalogue référence « 196 résidences en France », le Centre national des arts plastiques (CNAP) publiera le contrat-type, achevant de lui conférer toute sa légitimité.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°463 du 16 septembre 2016, avec le titre suivant : Résidences encadrées

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