Vendredi 20 septembre 2019

Marché de l’art, le yo-yo Chinois

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 11 mars 2014 - 395 mots

Numéro un ou deux du marché de l’art selon les segments analysés et les organismes d’étude, la Chine affiche de surprenants résultats en dents de scie.

Le phénomène marquant dans le marché de l’art au cours des cinq dernières années est bien l’irruption de la Chine dans le cercle étroit des pays qui comptent en ce domaine. C’est l’agence de cotation Artprice qui, la première, a mis en évidence la prééminence de la Chine continentale et de Honkgong en 2010, sur le marché des ventes aux enchères de « Fine art » (peinture, sculpture, dessin, photographie), qui représente moins de 20 % du marché total de l’art (lequel comprend les ventes aux enchères de mobiliers, d’antiquités et les ventes en galeries et chez les antiquaires). Cette année-là, la Chine détenait 33 % de ce segment du marché, devançant les états-Unis, dont la part était de 30 %. De manière inattendue, le chiffre d’affaires chinois des ventes aux enchères de « Fine art » augmentait brusquement de 267 %.

L’année suivante, après un bond de 64 %, la Chine prenait la tête de tout le marché de l’art, selon Art Economics, avec 30 % de part de marché. Pour 2012, après avoir annoncé dans un premier temps des chiffres en croissance, Art Market Monitor of Artron, le correspondant chinois qui alimente Artprice et Art Economics, a revu ses chiffres à la baisse puisque, pour le seul segment des ventes suivi par Artprice, la correction après coup des chiffres est de 33 %.

En 2013, pour Arprice, la croissance chinoise est revenue ( 21 %) et la Chine domine toujours ce segment du marché devant les États-Unis, tandis qu’Art Economics n’enregistre qu’une hausse de 2 % pour l’ensemble du marché, plaçant l’empire du Milieu en deuxième position (24 %) derrière les États-Unis (38 %). Ces mouvements, que l’on pourrait presque qualifier d’erratiques, laissent songeur sur la fiabilité des chiffres. D’autant qu’ils prennent en compte des transactions qui ne sont pas réglées, selon la China Association of Auctioneers ; d’après Art Economics, en juin 2013, seulement 56 % des lots avaient été totalement payés par les acheteurs dans les six mois. Quoi qu’il en soit de la réalité des chiffres, le Conseil des ventes volontaires, qui mène sa propre enquête, place deux maisons de ventes chinoises parmi les cinq premières en 2013, et neuf dans les vingt premières.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°409 du 14 mars 2014, avec le titre suivant : Marché de l’art, le yo-yo Chinois

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