Mercredi 21 février 2018

Histoire de l’art

L’Institut national d’histoire de l’art enfin confirmé

C’est en 1999, dans les locaux de l’actuelle Bibliothèque Nationale, que devra ouvrir l’Institut rêvé par l’historien André Chastel

Le Journal des Arts

Le 31 mai 2010

Après bien des hésitations, la création d’un Institut national d’histoire de l’art a enfin été confirmée par le premier ministre Édouard Balladur, mais pour la fin du siècle seulement. \"Le plus prestigieux institut de son genre au monde,\" tel qu’on le qualifie au ministère de la Culture s’installera, comme envisagé depuis longtemps, dans les locaux de la Bibliothèque nationale, après le transfert de la majeure partie de ses collections vers la Bibliothèque nationale de France, quai de Tolbiac, qui doit ouvrir au public en octobre 1996. Les travaux, dont le coût ne pourra être déterminé que dans un an, commenceront dès l’évacuation des derniers livres, en juin 1997, et devraient durer deux ans.

PARIS - Bien qu’il ait reçu l’aval de Matignon, le projet de l’Institut n’est pas pour autant finalisé. Pressenti depuis quelques temps pour le présider, Michel Laclotte, qui prend sa retraite à la fin de cette année comme président du Louvre, vient de se voir confier la mission d’engager des études théoriques et de "préciser les orientations définitives" de l’Institut. Ce dernier, selon la lettre de mission qui lui a été envoyée le 27 mai par Édouard Balladur, sera consacré "à la documentation, la recherche et à l’enseignement des disciplines liées à l’histoire de l’art, ainsi qu’à une bibliothèque spécialisée dans ces domaines".

L’Institut ne sera donc pas voué à l’histoire des arts, comme l’avait voulu Jack Lang en lançant le projet. Une étude a récemment été faite par les service techniques du ministère de la Culture sur le potentiel architectural des locaux de la rue Vivienne. Michel Laclotte, qui devait assister à une première réunion interministérielle vers la fin juin, devra soumettre le rapport de sa mission au premier ministre avant le 1er janvier 1995.

Intégrer des écoles
Plusieurs départements de la Bibliothèque Nationale resteront sur place et feront partie du nouvel Institut : ceux des cartes et plans, des estampes, des manuscrits occidentaux et orientaux, des médailles, de la musique et des arts du spectacle. L’Institut comprendra une bibliothèque spécialisée, constituée en partie de la bibliothèque Doucet et d’un fonds universitaire transféré l’année dernière des locaux de Paris IV et Paris I, rue Michelet. Il rassemblera également une partie de la Bibliothèque de l’École nationale des beaux-arts, la Bibliothèque centrale des musées nationaux au Louvre, malgré l’hostilité de bien des conservateurs, et peut-être celle de la Comédie-Française.

Quant à l’enseignement, l’établissement devrait intégrer, comme le souhaite le ministère de la Culture, l’École des Chartes, l’École nationale du patrimoine, un certain nombre d’unités de recherche du CNRS, ainsi que des cours de 3e cycle de Paris I et Paris IV – ce qui semble faire beaucoup.

Un patrimoine artistique exceptionnel
L’Institut n’en est pas à son premier rapport, loin de là. Après celui, en 1983, du grand historien de l’art André Chastel, demandé par le premier ministre socialiste Pierre Mauroy, vinrent celui de 1988, d’Antoine Schnapper, professeur d’histoire de l’art à Paris IV, et le "rapport Melot" de 1991.

Un quatrième rapport, rédigé en 1992 par le professeur Pierre Encrevé et Emmanuel Hoog, administrateur civil, à la demande de Lionel Jospin, ministre de l’Éducation et de Jack Lang, ministre de la Culture, prévoyait l’installation de l’Institut dans les locaux de la B.N. rue Vivienne à partir de l’automne 1994, et son ouverture en janvier 1995.

Cette avalanche témoigne des difficultés à renforcer en France l’enseignement de l’histoire de l’art, pourtant si nécessaire. Dans le rapport – encore un – sur la Bibliothèque nationale de France, présenté en juin 1993, Philippe Bélaval, nommé depuis directeur général de l’Établissement public de la même institution, écrivait : "l’essor de la culture dans la France de la fin du XXe siècle cache une réalité que l’on a souvent du mal à soupçonner : le sous-développement de l’histoire des arts… étonnant dans un pays qui a donné naissance à l’une des plus brillantes civilisations de l’Occident, et qui conserve un patrimoine artistique exceptionnel."
À Michel Laclotte, maintenant, de traduire ces beaux sentiments en réalités.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : L’Institut national d’histoire de l’art enfin confirmé

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