L’hyperactif Ryan Gander

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 10 octobre 2013 - 353 mots

Artiste. Ça commence sur les chapeaux de roue. Le bloc-notes en main, on suit au pas de course l’artiste qui, assis sur son fauteuil roulant, file entre les salles vides pour nous présenter dans un anglais marqué d’un fort accent du Nord sa future exposition.

On l’aura vite compris, Ryan Gander, originaire de Chester et diplômé de l’université  de Manchester, est un fonceur et un hyperactif. Pas de temps à perdre. Dans son atelier londonien, où il emploie six personnes à plein temps, il peut réaliser jusqu’à deux cents œuvres par an. À l’âge de 37 ans, son travail a déjà été exposé dans le monde entier, notamment au Guggenheim Museum à New York (2010), au Palais de Tokyo (2012), à la Biennale de Venise (2011) et à la Documenta de Kassel (2012). Déroutantes et énigmatiques, ses œuvres, sculptures, peintures, installations, vidéos, campagnes de publicité  ou performances s’appuient sur le principe  de la libre association d’objets ou de sens. Elles sont conçues comme des incipit de récits, que  le visiteur est chargé de recomposer. « Je ne veux pas que mes œuvres soient un divertissement. Je veux susciter des émotions, que le public réagisse, s’interroge, cherche, imagine. » On tente une question, au sujet de ce rideau noir animé par  un courant d’air à côté duquel est posé un « objet qui ne sert à rien ». « Mon art n’a ni objet ni message. Si je donne une réponse, il perd toute sa valeur et ne mérite plus d’être vu. » Il a beau réfuter le terme, on est en plein dans l’art conceptuel.

Biographie

1976
Naissance à Chester, en Grande-Bretagne

2000
Après son diplôme obtenu à la Manchester Metropolitan University, il intègre pendant un an l’Académie Van Eyck à Maastricht

2003
Prix de Rome pour la sculpture

2007
Exposition « The last work » au Stedelijk Museum à Amsterdam

2011
Participation à la Biennale de Venise puis à la Documenta 13 l’année suivante

2012
« Esperluette » au Palais de Tokyo

2013
Le Frac Île-de-France présente son exposition « Make every show like it’s your last »

Vit et travaille à Londres

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°662 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : L’hyperactif Ryan Gander

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