Dimanche 15 septembre 2019

Les refusés du Panthéon

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 19 mars 2014 - 338 mots

Les nouveaux « panthéonisés » sont donc au nombre de quatre : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay. Mais, derrière ces « grands hommes », combien de refusés?

1 - Olympe de Gouges, la favorite
François Hollande n’est pas allé dans le sens de l’opinion. La révolutionnaire Olympe de Gouges (1748-1793) est en effet arrivée largement en tête de la consultation populaire sur les personnalités que les Français souhaitent voir entrer dans l’insigne nécropole. Une candidature par ailleurs soutenue, depuis le bicentenaire de 1789, par les féministes qui pétitionnent et manifestent pour le transfert de la dépouille de leur icône parmi les grands hommes.

2 - Camus, étranger au Panthéon

Nicolas Sarkozy voulait en faire un symbole fort de son mandat ; à l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition d’Albert Camus (1913-1960), le président de la République a émis le souhait de voir l’écrivain entrer au Panthéon. Mais les héritiers du romancier ont mis leur veto, redoutant que cet honneur soit une tentative de récupération politique et y voyant un contresens avec les engagements du Prix Nobel de littérature 1957.

3 - Monet préféré à Giverny
La nécropole républicaine n’abrite que deux artistes : le peintre Joseph Marie Vien (1716-1809) et l’auteur du monument, l’architecte Jacques Germain Soufflot (1713-1780). Si plusieurs artistes ont été pressentis pour les rejoindre, le nom de Claude Monet (1840-1926) a été avancé à plusieurs reprises, se heurtant à chaque fois au refus de sa famille qui souhaite que le père de l’impressionnisme demeure à Giverny, village indissociable de son œuvre.

4 - Mirabeau le déclassé

La panthéonisation n’a pas toujours été gage de repos éternel. La première personnalité entrée au Panthéon, le jour même de ses funérailles, Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791), n’y séjourna ainsi que jusqu’en 1794. Accusé d’avoir trahi les idéaux de la Révolution, « l’Orateur du peuple » fut alors banni de la crypte, et ses restes furent inhumés dans plusieurs lieux successifs ; aujourd’hui on a même perdu la trace de sa dépouille.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°667 du 1 avril 2014, avec le titre suivant : Les refusés du Panthéon

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