Le nouvel adjoint à la Culture s’explique

Denis Trouxe : À Lyon, l’absence d’un lieu de création pour les artistes fait cruellement défaut

Le Journal des Arts

Le 12 mars 2010

58 ans, publicitaire, élu en mars dernier sur la liste d’union RPR-UDF conduite par Raymond Barre, Denis Trouxe est adjoint à la Culture et au Patrimoine. Entré tardivement en politique, il présente au Journal des Arts les grands axes de sa politique pour les arts plastiques.

Après la construction d’un nouveau bâtiment pour le Musée d’art contemporain, la rénovation du Musée des beaux-arts et la fermeture de l’Elac, décidée par votre prédécesseur, quelles sont vos priorités dans le domaine des arts plastiques ?
Tout d’abord, je tiens à préciser que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que l’Elac ne ferme pas. Cela ne passera pas nécessairement par le dégagement de crédits supplémentaires, mais par une réorganisation des lieux d’exposition.

L’Artrium, lieu d’exposition de l’auditorium, pourrait très bien gérer l’Elac. Ainsi, l’Elac, mais cela n’est encore qu’un souhait de ma part, deviendrait la vitrine des artistes vivants dans la région. On y verrait aussi bien des plasticiens que des designers ou des artisans d’art.

Par ailleurs, je crois qu’il est impératif de créer un lieu pour favoriser le bouillonnement artistique. Il y a maintenant beaucoup d’institutions à Lyon, il était nécessaire de les mettre en place, mais aujourd’hui, l’absence d’un lieu de création pour les artistes est une carence évidente.

En tant qu’adjoint au Patrimoine, je vais faire entreprendre un recensement des lieux où pourraient être installée cette cité des artistes. Je pense que les hôpitaux de l’Anticaille ou de Debrousse, qui vont être bientôt désaffectés, ou encore les 25 000 m2 de la Subsistance, occupés par l’armée, conviendraient parfaitement. Le contenu du programme reste à définir, mais on pourrait y installer une école d’art, des ateliers, des studios de cinéma, etc.

Les artistes installés à Lyon se plaignent de ne pas être assez soutenus localement. La construction d’ateliers et l’organisation d’expositions où seraient conviés davantage d’artistes installés à Lyon peuvent-elles être des solutions suffisantes ?
Il me semble qu’il est essentiel de permettre la création. Il n’y a pas d’institutions fortes sans création locale dynamique. Les procédures de soutien à la création peuvent être très simples. Il suffit, par exemple, de verser 50 000 francs à un office d’HLM pour qu’il transforme un rez-de-chaussée en atelier d’artiste. Par ailleurs, la mise en place d’un lieu de création par la réhabilitation d’un bâtiment devrait permettre de répondre aux attentes des artistes.

De plus, la Ville va encourager les artistes qui participent à la Bac Off, une exposition parallèle et indépendante de la Biennale, en les aidant à trouver un lieu pour exposer. Nous mettrons aussi à leur disposition 350 m2 à l’Elac pour qu’il puissent accueillir les artistes de Lodz (ville polonaise jumelée avec Lyon) qui travaillent en relation avec cette Bac Off.

La Biennale d’art contemporain est sans conteste une manifestation d’envergure internationale, mais elle ne circulera pas. Quels sont les projets de la Ville en matière de diffusion à l’étranger ?
Je ne pense pas qu’une biennale ait vocation à circuler. Cependant, Samsung, qui est un partenaire privilégié de la Biennale 95, envisage sa réinstallation à Séoul.

Je ne vous cache pas que c’est encore une hypothèse et que les problèmes techniques à résoudre sont énor­mes. Plus modestement, mais de manière également efficace, la Biennale circulera par l’intermédiaire du CD-Rom édité à cette occasion. Il sera largement distribué internationalement. Enfin, les collections du Mac sont sur le Vidéomuséum, ce qui les rend accessibles au plus grand nombre partout dans le monde.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°18 du 1 octobre 1995, avec le titre suivant : Le nouvel adjoint à la Culture s’explique

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