Samedi 24 février 2018

Patrimoine

Le Grand Palais bientôt ressuscité

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 26 septembre 2007

Renaud Donnedieu de Vabres veut organiser rapidement des manifestations dans la nef du Grand Palais. Il souhaite réfléchir à une gestion du lieu qui ne le transforme pas en grande surface.

PARIS - Fermé depuis la chute d’un rivet qui s’était détaché en 1993 de sa charpente métallique, le Grand Palais connaîtra bientôt son sort, après onze années de tergiversations, d’attente, et enfin le début en 2002 de sa rénovation. La majestueuse nef construite entre 1897 et 1900 pour l’Exposition universelle de 1900 n’offre actuellement qu’un aspect brut ; c’est pourtant dans cet espace non chauffé que le ministre de la Culture tenait à présenter ses vœux à son ministère – une cérémonie qui devait avoir lieu le 5 janvier –, puis à la presse le 12 janvier. Renaud Donnedieu de Vabres, visiblement impressionné par le lieu et sa symbolique, entend faire de son avenir un exemple pour sa politique en faveur du patrimoine. Le 21 décembre, à l’issue de la visite de l’immeuble des « Bons Enfants », qui accueillera bientôt une partie des personnels du ministère de la Culture, le ministre a déclaré que « son objectif est de redonner tout son lustre culturel et patrimonial au Grand Palais ». « Le Grand Palais est un lieu fort, a-t-il ajouté. Je veux que les Français et les Parisiens se réapproprient ce site culturel de dimension nationale. » Le ministre espère même obtenir l’autorisation d’organiser prochainement des manifestations dans la nef, cela avant même la fin des travaux, à l’exemple « d’un grand rassemblement de jeunes musiciens amateurs venant de toute la France ».

Pas une grande surface
Au-delà de ces opérations symboliques, Renaud Donnedieu de Vabres pourrait remettre totalement en cause les choix opérés par son prédécesseur Jean-Jacques Aillagon. Ce dernier, après avoir lancé les travaux sur la structure et la restauration du bâtiment, sous la maîtrise d’ouvrage de l’ÉMOC et avec un budget public prévisionnel de 125 millions d’euros, comptait confier les travaux d’aménagement intérieur, estimés à 150 millions d’euros, à un opérateur privé qui aurait assuré ultérieurement la gestion de la grande nef pour l’accueil de manifestations temporaires, à vocations culturelle et commerciale. « La grande nef n’a pas vocation à devenir une grande surface », a tranché Renaud Donnedieu de Vabres. Le ministre, qui se prononcera dans les prochaines semaines, réfléchirait à une gestion publique de cet espace, peut-être sous la forme d’un établissement public.
Pour l’heure, les travaux vont se poursuivre avec la deuxième phase (2005-2007) et la restauration des façades, des autres éléments de toiture, des éléments sculptés et des mosaïques. En attendant une décision qui fixera l’avenir de ce lieu emblématique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°206 du 7 janvier 2005, avec le titre suivant : Le Grand Palais bientôt ressuscité

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