Photographie

Le Collège international de la photographie du Grand Paris prend forme

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 4 janvier 2019 - 786 mots

IVRY-SUR-SEINE

Ce lieu singulier, mi-centre culturel, mi-école, destiné à valoriser les savoir-faire liés à la photographie a deux ans pour mobiliser les investisseurs.

Grand Paris. Le 21 novembre dernier au Théâtre des Quartiers d’Ivry, photographes et autres acteurs du médium étaient venus en nombre pour écouter la leçon inaugurale de Jean-Luc Moulène qui intervenait dans le cadre du futur Collège international de la photographie du Grand Paris (CIPGP). Nombreux aussi étaient ceux parmi eux qui s’étaient déplacés pour écouter en préalable l’introduction de Michel Poivert sur les raisons d’être du CIPGP. L’historien de la photographie, professeur d’histoire de l’art et de la photographie à l’Université Panthéon-Sorbonne, les a énumérées. « Ce projet est lié à la préservation et la transmission des métiers de la photographie et des savoir-faire avant le numérique, aux techniques de tirage en particulier. Il entend d’autre part penser, produire le post-photographique », explique-t-il. Trois pôles d’activités ont été identifiés à cet effet : « Un conservatoire, où seront assurées des formations de durées variables ; une université populaire ; et un centre d’expérimentation, qui accueillera des artistes et des chercheurs en résidence pour produire et penser le futur de la photographie à l’ère du numérique. » Dans le paysage des formations aux métiers de la photographie, publiques ou privées, le CIPGP sera donc un nouvel acteur qui entend se distinguer. Mais « sans pour autant venir en concurrence justement par ses différentes activités », précise Michel Poivert. Pour ce faire, il mène depuis quelque temps campagne pour expliquer son projet et engranger les adhésions. Le 12 décembre, le Collège s’invitait au programme de la première édition des Assises de la recherche de l’Université Paris 1 avec une table ronde sur la photographie des renouvellements urbains. En 2019, d’autres rendez-vous sont programmés dans la perspective de l’ouverture du collège en 2020-2021 dans les espaces de la grande nef de l’ancienne usine de traitement des eaux d’Ivry, conçue par Dominique Perrault en 1990. L’idée de ce collège est née de la sollicitation du photographe et graphiste Xavier Point, cofondateur de CPA CPS (Construire pour les autres comme pour soi-même), partenaire du promoteur investisseur Quartus, lauréat avec l’architecte Wang Shu en 2016 de l’appel à projets « Réinventer La Seine » pour participer à la transformation du site en une « Manufacture ». « L’opérateur Quartus n’aurait pas été retenu, le projet du Collège international de la photographie du Grand Paris se serait évaporé naturellement », souligne Michel Poivert. Désormais retenu, il s’agit pour le promoteur du CIPGP de concrétiser sa création. La fondation le 25 septembre 2018 de l’association de préfiguration du CIPGP a marqué une étape. Présidé par Michel Poivert, le bureau est composé de Xavier Point et du photographe Jean-François Rogeboz, par ailleurs tous trois montreuillois et amis. L’artiste Aurélie Pétrel et le journaliste Étienne Hatt sont en charge de la programmation du « Laboratoire », chargé des conférences et débats.

Première étape de test et d’observation du projet

« L’idée est d’avoir une cavalerie légère pendant un ou deux ans, qui permette d’établir les valeurs et l’état d’esprit du CIPGP et de trouver parallèlement les moyens de son existence », explique Michel Poivert. L’avancée pas à pas est toutefois de rigueur. L’acte de vente du site de l’ancienne usine de traitement des eaux d’Ivry en date du 12 décembre n’était pas encore finalisé entre la Ville de Paris, la Ville d’Ivry et Quartus. Nul doute, il le sera. Mais de la signature découlera le prix du mètre carré qui servira de référence à Quartus pour les futurs locataires ou propriétaires du site. À partir de ce prix s’établira la surface d’occupation du CIPGP (1 000 m2 sont envisagés) et le budget prévisionnel de son installation et fonctionnement. Michel Poivert et ses associés devront ensuite convaincre les investisseurs. Le collège des fondateurs réunit d’ores et déjà la Banque Neuflize OBC et les collectionneurs Florence et Damien Bachelot. Quatre commandes à des photographes en lien avec la métamorphose du site et les habitants d’Ivry-sur-Seine vont être lancées au cours de l’année 2019. La direction régionale des Affaires culturelles Île-de-France en finance une ; Florence et Damien Bachelot une autre ; et Neuflize O.B.C deux. Ces bourses d’une valeur globale de 40 000 euros sont pilotées par les photographes Cyrille Weiner et Francis Jolly. Le CIPGP attire d’autres soutiens. Sur son site, il communique l’identité « des structures franciliennes phares pour la culture de l’image avec lesquelles des liens étroits seront entretenus ». À savoir le Centre photographique Île-de-France (CPIF), le Musée Albert Khan, la Maison Robert Doisneau, la Médiathèque du patrimoine et le Cinéma Méliès à Montreuil. Le Collège a deux ans pour séduire les investisseurs. À charge pour lui d’obtenir après un an au moins de fonctionnement que ses formations soit inscrites par l’État au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles).

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°514 du 4 janvier 2019, avec le titre suivant : Le Collège international de la photographie du Grand Paris prend forme

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