Dimanche 15 septembre 2019

Metz 2014

Le Centre Pompidou-Metz crispe la campagne des municipales

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 25 février 2014 - 478 mots

La baisse de 30 % des visiteurs en 2013 et la diminution de la subvention régionale alimentent le débat électoral local sur le financement du Centre Pompidou-Metz.

METZ - Jean-Pierre Masseret, le président PS du Conseil régional de Lorraine a finalement mis sa menace à exécution. Il a fait voter une diminution de 1 million d’euros, ramenant à 3 millions d’euros la subvention allouée en 2014 au Centre Pompidou-Metz (CPM) par la Région. Or cette baisse a été actée fin janvier alors que le budget du CPM, de 12,5 millions d’euros selon Laurent Le Bon, son directeur, a été voté fin janvier sur la base d’une subvention du Conseil régional de 4 millions d’euros et des recettes propres de 3,5 millions d’euros.

Marie-Jo Zimmermann, députée (UMP) de Moselle et rivale du maire sortant (PS) de Metz, Dominique Gros, qui forme un tandem avec Aurélie Filippetti, craint que « l’impasse budgétaire soit de l’ordre de 1,5 million d’euros ». Le budget de fonctionnement 2012 de 13 millions d’euros, s’était conclu par une perte de 680 000 euros, compensée en trésorerie par les bénéfices de l’année précédente. Elle souligne par ailleurs la baisse de près de 30 % de la fréquentation qui sera finalement de 335 000 visiteurs en 2013, alors qu’elle était de 550 000 en 2011 et 475 000 en 2012. « Il est urgent de diminuer les dépenses », a-t-elle indiqué au Journal des Arts. Un point de vue que ne partage pas totalement Jean-Luc Bohl, président (UDI) de Metz Métropole qui est propriétaire du Centre Pompidou-Metz. Selon le maire (candidat à sa réélection) de Montigny-lès-Metz, « Rien n’est joué, l’article 22.3 des statuts du CPM a clairement fixé les clefs de répartition des financements publics ». Il entend faire revenir sur sa décision Jean-Pierre Masseret par la négociation. Jacques Maréchal, le candidat communiste à la mairie de Metz, lui, en appelle plutôt à l’État. Le préfet a d’ores et déjà annoncé qu’il réunirait tous les acteurs autour d’une table de négociation, en mai après les élections.

Laurent Le Bon se dit « serein et confiant ». Il compte sur l’ouverture récente de l’exposition semi-permanente « Phares », constituée de prêts de la maison mère, voulue par Aurélie Filippetti après le premier coup de gueule de Jean-Pierre Masseret et surtout sur « Paparazzi ! Photogaphes, stars et artistes » qui a ouvert le 26 février, à qui les vicissitudes conjugales de François Hollande révélées par la revue Closer apportent une publicité inespérée. Mais si le financement du CPM est en train de devenir un enjeu de la campagne des municipales à Metz, tous les acteurs se rejoignent dans leur volonté de préserver « ce joyau » (Marie-Jo Zimmermann), « un équipement remarquable » (Jean-Luc Bohl). Consciente de l’importance de cette affaire, à la fois en tant que ministre de la Culture et postulante aux municipales, Aurélie Filippetti s’est encore une fois rendue sur les lieux le 14 février dernier, jour de la Saint Valentin.

Titre original de l'article du Journal des Arts n°408 : « Le Centre Pompidou crispe le débat »

En savoir plus

Centre Pompidou-Metz

Lire la notice d'ALLOEXPO sur l'exposition « Paparazzi ! Photogaphes, stars et artistes »

Lire la notice d'ALLOEXPO sur l'exposition « Phares »

Légende Photo :
Le Centre Pompidou-Metz © Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines Architectes / Metz Métropole / Photo Roland Halbe

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°408 du 28 février 2014, avec le titre suivant : Le Centre Pompidou-Metz crispe la campagne des municipales

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque