Vendredi 27 novembre 2020

L’art moderne en force

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 3 octobre 2012 - 689 mots

Minoritaires en nombre, les galeries d’art moderne ne sont pas moins fortement représentées. La prochaine rétrospective Dali au Centre Pompidou réactive l’intérêt pour le surréalisme.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais s’est amplifié depuis quelques saisons. Malgré des prix en hausse régulière, conséquence sans doute d’une demande accrue, le surréalisme séduit toujours plus amateurs et collectionneurs ainsi que la Fiac en fait la démonstration avec la présence de pièces de choix. Nouvel entrant, Helly Nahmad (New York) consacre au mouvement quelques-unes de ses cimaises avec notamment Le Fond de la Tour, un beau Tanguy de format moyen (1933), et un grand Mirò de la même époque à la qualité de chromie exceptionnelle dominée par un bleu intense  et alliée à une remarquable épure du motif [Peinture, (Le Cheval de Cirque), 1927]. Avec un accrochage intitulé « Cabinet d’amateur », Natalie Seroussi (Paris) promet nombre d’œuvres sur papier autour du dadaïsme, du surréalisme et du cubisme, à commencer par une feuille de Giorgio De Chirico (1916), un curieux collage de Hannah Höch (1925) et une Femme-Plante exécutée à l’aquarelle par Victor Brauner (ca. 1941). Le même est  au menu chez 1900-2000 (Paris) avec une huile sur toile de grand format (Erotomagie préliminaire, 1948), accompagnée par une Étude pour le combat légendaire d’André Masson (ca. 1943), crayon et fusain sur papier rose. La photographie surréaliste ne sera pas en reste, particulièrement avec UBU Gallery (New York) dont une partie de l’accrochage sera consacré à des pièces des années 1930, notamment des tirages de Hans Bellmer et plusieurs clichés de Claude Cahun. Autres temps mais photographie toujours, Kicken (Berlin), annonce des œuvres d’Helmut Newton, Erwin Blumenfeld et une remarquable image d’Otto Steinert, réseau de cordages d’un voilier comme emprisonnés par la lumière (Sailing Ship in Göteborg, 1955-1956). Chez Sophie Scheidecker (Paris), les amateurs pourront peut-être jouer à la poupée, thème retenu avec des pièces embrassant une soixantaine d’années ; Bellmer est de nouveau de la partie, accompagné par Louise Bourgeois, Cindy Sherman, Robert Motherwell ou Antoni Tàpies.

Œuvres abstraites attendues
Pour l’abstraction, les regards se tournent vers Le Minotaure (Paris) qui prévoit notamment de dévoiler une Dynamique des couleurs (1916) sur papier de Léopold Survage et une gouache de Frantisek Kupka (Étude pour « Jazz Hot », 1930-1935). Célébration de l’abstraction géométrique chez Zlotowski (Paris), grâce notamment à une rigoureuse huile sur toile de Jean Hélion (Composition abstraite, 1932), un panneau de Josef Albers (K-Trio, 1931-1935) et une sculpture de Naum Gabo (Spheric Theme : Balck Variation, 1937). Applicat-Prazan (Paris) rend hommage à Alfred Manessier avec un accrochage monographique d’une dizaine de toiles de grand format, souvent centrées sur la thématique urbaine à travers notamment des pièces issues de ses séries des Tours et des Favelas, tandis que Gladstone Gallery (New York, Bruxelles) prévoit une présentation attendue, exclusivement consacrée à Fausto Melotti. Toujours prolifique, le stand de Karsten Greve (Cologne, St. Moritz, Paris) se pare de tableaux tardifs de Pierrette Bloch, mais aussi d’un Opera Chocolates (1994) de John Chamberlain et d’un Cy Twombly de 1969 presque minimal dans sa tonalité gris-vert. Pour sa première participation à la Fiac, Raquel Arnaud (São Paulo) arrive avec des œuvres d’artistes latino-américains ayant certaines  été produites à Paris au cours des années 1950 à 1970, à la faveur des séjours ou expatriations effectuées par affinités culturelles ou pour des raisons politiques, et qui souvent affirment des préoccupations relatives à l’espace. Il faut noter la présence d’un tableau noir et blanc très graphique de Lygia Clark, exécuté avec de la peinture industrielle sur un panneau de bois (Surface Modulation 3 S/B, 1958-1981), et de quelques sculptures de Sergio Camargo, dont une remarquable ligne brisée en marbre de carrare de 1979. Espace et paysage toujours chez Carlos Zilio, et de jolie manière, avec des Fragments de paysage (1974) n’étant rien d’autre que des clous enfermés dans un flacon de verre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°376 du 5 octobre 2012, avec le titre suivant : L’art moderne en force

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