Mercredi 21 février 2018

La Leçon d’anatomie du Docteur Kelly

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 14 octobre 2009

Le sculpteur Anthony-Nœl Kelly risque trois ans de prison pour « vol et inhumation illégale de cadavres ». À la foire d’art contemporain de Londres en janvier, une visiteuse a reconnu dans un crâne éclaté et argenté proposé pour 4 500 livres une personne âgée de sa connaissance .

LONDRES - Une enquête de Scotland Yard sur un sculpteur londonien, conférencier à l’Institut d’architecture du Prince de Galles mais par ailleurs ancien boucher et employé d’abattoir, a pris un tour macabre avec la découverte de corps démembrés utilisés à des fins de moulage. L’artiste, Anthony-Nœl Kelly, 41 ans, cousin du duc de Norfolk, a été arrêté puis remis en liberté sous caution, ainsi qu’un ancien employé du Collège royal de chirurgie, vénérable institution britannique qui reçoit chaque année de nombreux cadavres pour les travaux de dissection de ses étudiants. "Une série de perquisitions opérées dans le sud-ouest de Londres et le Kent ont permis la découverte d’un certain nombre de restes humains", s’est borné à dire un porte-parole de Scotland Yard. Au total, tout ou parties d’une trentaine de cadavres ont été saisis dans l’atelier-chambre froide de l’artiste à Clapham, ainsi que sur les terres du château familial de Romden.

Les critiques d’art se sont à plusieurs reprises étonné de sa technique de moulage de crânes, de torses et de pieds à l’aide de matières plastiques et de fibres de verre, ultérieurement dorés ou argentés. Il doit aujourd’hui s’expliquer sur les ressemblances frappantes entre plusieurs de ses œuvres et diverses personnes défuntes, à commencer par sa grand-mère. Kelly est passible de trois ans de prison aux termes d’une loi de 1984 qui réprime l’utilisation illégale de dépouilles à des fins extramédicales. Le texte renforce une législation de 1832, passée après la découverte à Édimbourg du trafic d’un couple maudit, qui avait assassiné une quinzaine de personnes afin de vendre leurs cadavres à la faculté de médecine. Ses défenseurs rappellent l’usage de corps humains fait par d’illustres prédécesseurs, Léonard de Vinci, Rembrandt ou Géricault…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°36 du 18 avril 1997, avec le titre suivant : La Leçon d’anatomie du Docteur Kelly

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