Samedi 24 février 2018

La danse des signes à la BNF

Le graphisme s’affiche sous toutes ses formes

Le Journal des Arts

Le 11 février 2008

La Bibliothèque nationale de France (BNF) consacre une large exposition au graphisme en réunissant 200 créateurs contemporains. « Graphisme(s) » permet de lever un pan du voile sur une discipline complexe et mal connue du grand public malgré son omniprésence dans notre quotidien.

Présentée dans l’immense déambulatoire du haut-de-jardin de la bibliothèque, l’exposition dresse un large panorama de la création graphique de ces dernières années (les dates des travaux se situent entre 1997 et 2001). Affiche, livre, dépliant, presse, pochette de disques, timbre, site Internet, tous les supports possibles et imaginables sont présents, témoignant de l’extrême diversité des médiums que le graphisme investit. Avec pertinence, le parcours de l’exposition ne se découpe pas par typologies, mais correspond aux principales fonctions du graphisme et aux différentes lectures que nous en avons. Parmi les grands thèmes se trouvent donc : “Donner un support”, qui englobe ce qui relève de la lecture (livre, journal...), “Signaler, orienter informer”, qui regroupe les éléments de la signalétique, ou encore “Attirer l’attention”, qui rassemble les produits ayant une fonction d’appel (affiches, pochettes de disques...). Reflet d’une internationalisation des échanges, la manifestation réunit la fine fleur de la création graphique mondiale, même si on peut regretter l’absence de certaines nationalités (cf. entretien ci-contre). L’exposition présente un choix effectué à partir des travaux envoyés par les graphistes suite à un appel à candidature paru dans la presse spécialisée. Jean Widmer, Alex Jordan, et Philippe Apeloig, tous graphistes de renom, ont participé à cette sélection, privilégiant la dimension créative des propositions. Si une certaine uniformisation guette quelques productions, il est encore dans ce domaine impossible de généraliser. Il existe des traditions, notamment celle du livre, qui demeurent très ancrées dans leur pays d’origine : on retrouve le savoir-faire des pays d’Europe du Nord, la Hollande, l’Allemagne, la Suisse... À ce brassage de cultures répond un brassage des générations. Sans constituer le thème majeur de cet événement, la jeune création est très bien représentée avec des noms tels que Labomatic ou M/M. Non exhaustive, l’exposition ne se veut pas quantitative à tout crin mais qualitative avant tout. Le panorama dressé n’a pas vocation à donner une image fidèle du volume de production selon tel ou tel secteur mais un instantané de la création actuelle jugée à l’aune de sa liberté d’expression. On note ainsi une faible représentation du secteur commercial (publicité et identité visuelle de grandes marques privées) qui demeure pourtant l’un des principaux débouchés de la profession. L’exposition assume sans mal les contradictions et paradoxes d’un secteur en pleine expansion dans lequel cohabitent des créateurs très spécialisés (dans l’affiche, ou le multimédia par exemple) et d’autres inscrits dans une logique de pratiques multiples.

- GRAPHISME(S), du 18 septembre au 10 novembre, Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, déambulatoire nord, Quai François-Mauriac, 75013 Paris, tél. 01 53 79 59 59, tlj sauf lundi 10h-19h, dimanche 12h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°132 du 14 septembre 2001, avec le titre suivant : La danse des signes à la BNF

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