Musée

Jupiter Martinez

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 14 novembre 2018 - 484 mots

Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, réorganise son état-major pour mieux s’installer sur l’Olympe.

Paris. Conforté par une année 2017 exceptionnelle (l’ouverture du Louvre-Abou Dhabi ; une fréquentation de 8,1 millions de visiteurs ; des recettes en hausse de 103 millions d’euros – dont 98 provenant de la redevance du Louvre-Abou Dhabi) et renouvelé pour un deuxième mandat de trois ans en avril dernier, Jean-Luc Martinez peut maintenant consolider son pouvoir et prendre de la hauteur.

Il vient ainsi de nommer deux de ses proches, Anne-Laure Béatrix, jusqu’alors directrice des relations extérieures du musée, et Vincent Pomarède, directeur de la médiation et de la programmation culturelle, en tant qu’administrateurs généraux adjoints. Leurs postes devenus vacants ont été pourvus dans la foulée respectivement par Adel Ziane et Dominique de Font-Réaulx, laquelle dirigeait le Musée national Eugène-Delacroix. Son remplaçant au musée de la place de Fürstenberg n’a pas encore été désigné.

Des partenariats entretenus avec 75 pays

Les deux nouveaux administrateurs viennent renforcer l’équipe de direction générale, déjà composée d’un administrateur et d’une administratrice adjointe. Ils ne vont pas superviser l’une des sept directions opérationnelles ou l’un des neuf départements de conservation (dont le Musée Delacroix), mais piloter des projets transversaux tels que la refonte de la galerie du Temps du Louvre-Lens pour Vincent Pomarède ou la mise à jour du projet scientifique et culturel (PSC) et les festivités des 30 ans de la Pyramide pour Anne-Laure Béatrix. Mais au fond, cela revient un peu au même puisqu’ils vont pouvoir exercer leur autorité à travers ces grands projets.

Une telle gouvernance aussi corpulente est-elle justifiée pour un établissement employant 2 314 agents dont plus de la moitié sont des agents de surveillance ? Le Louvre explique cette réorganisation par la multiplicité des projets extérieurs : Louvre-Lens (Pas-de-Calais), centre de conservation de Liévin (Pas-de-Calais), Louvre-Abou Dhabi. Sans compter les 75 pays avec lesquels le musée entretient des relations, de quoi remplir un agenda de ministre ou d’ambassadeur pour son président. Or tous ces projets ne sont pas nouveaux, certains comme le Louvre-Abou Dhabi ou le Louvre-Lens, maintenant en vitesse de croisière, sont moins chronophages. Dans le même temps, l’établissement a retrouvé ses visiteurs et les recettes qui vont avec, renoué avec des expositions à succès (« Vermeer et les maîtres de la peinture de genre ») et, grâce à la manne des Émiratis, il est en bonne santé financière. Même la colère de l’équipe de conservation à l’égard de la délocalisation à Liévin, savamment attisée par des blogueurs militants, semble s’être calmée.

Tous les feux sont au vert pour Jean-Luc Martinez qui peut, comme son prédécesseur Henri Loyrette, se détacher de l’opérationnel pour se consacrer davantage à son travail de représentation. Une attitude qui avait beaucoup été reprochée à Loyrette, au point d’agacer les ministres de la Culture successifs. En théorie, Jean-Luc Martinez (54 ans) peut être renouvelé en 2021 pour un dernier mandat de trois ans.

 

 

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°511 du 16 novembre 2018, avec le titre suivant : Jupiter Martinez

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