Dimanche 21 octobre 2018

Jean-Charles Blais, dans le métro

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 février 2004 - 345 mots

Lauréat en 1990 du concours lancé par Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, pour décorer la station de métro éponyme, Jean-Charles Blais avait imaginé recouvrir les murs
de chacun des quais d’une frise de figures anonymes et monumentales imprimées sur papier affiche, alors son matériau de prédilection. Dix ans durant, la station républicaine vécut ainsi au rythme coloré d’un programme préétabli par l’artiste dont les variantes reposaient sur huit modules différents. Tirées en noir sur fond monochrome blanc, rouge, bleu ou jaune, ses figures simplement dessinées au trait avaient alors été éditées à quelque dix mille exemplaires permettant ainsi d’en changer l’ordonnancement environ toutes les trois semaines. Le succès de cette commande publique tint non seulement à la façon dont elle avait été pensée par l’artiste à l’égal d’un banal programme d’affichage publicitaire – donc sans différence de gestion par rapport à l’ordinaire – mais surtout à la beauté plastique de sa réalisation. Pleinement satisfaite de l’aventure, l’Assemblée nationale et la Régie autonome des transports parisiens se sont à nouveau adressées à Blais. Revoilà donc l’artiste dans le métro pour dix nouvelles années.
Ce mois-ci doit voir sa nouvelle installation s’afficher sur les murs de la station. Si le principe de base d’une frise de figures a été conservé, Blais a souhaité y apporter quelques transformations substantielles. Plutôt que de présenter ce qui s’apparentait précédemment à une galerie de portraits, même très génériques, il a choisi cette fois-ci de composer avec des figures colorées, rendues à l’état de formes quasi abstraites à même de s’associer visuellement l’une à l’autre, telles les pièces d’un puzzle. Ainsi a-t-il voulu davantage jouer avec l’idée double du regard statique du voyageur sur le quai et du regard dynamique du passager dans la rame. Bref, une réalisation fondée plus sur une mécanique cinétique que sur une succession d’images.
Le travail numérique que Blais a développé ces dernières années en matière de figures schématiques animées n’est pas étranger à cette nouvelle formulation qui ne saurait passer inaperçue aux yeux des usagers de cette station de métro et de la ligne.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°555 du 1 février 2004, avec le titre suivant : Jean-Charles Blais, dans le métro

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