Mardi 10 décembre 2019

Francesco Bonami s’empare de la Biennale de Venise

Le commissaire d’exposition et critique d’art a été nommé directeur pour les arts visuels de l’édition 2003

Le Journal des Arts

Le 5 avril 2002 - 473 mots

Mettant fin aux rumeurs, le conseil d’administration de la Biennale de Venise a dévoilé le nom du nouveau directeur pour les arts visuels de son édition 2003. Contrarié par les tergiversations du gouvernement, Robert Hughes avait retiré sa candidature, laissant ainsi la place à Francesco Bonami, que Vittorio Sgarbi n’a pas manqué de désapprouver.

VENISE (de notre correspondante) - À l’issue d’une réunion du conseil d’administration de la Biennale de Venise tenue le 21 mars sous la présidence de Franco Bernabè, remplaçant lui-même Paolo Baratta (lire le JdA n° 141, 25 janvier 2002), Francesco Bonami a été choisi comme directeur pour les arts visuels de sa cinquantième édition. Si cette nomination fait un pied de nez aux générations dont sont issus Germano Celant ou Achille Bonito Oliva, elle s’inscrit toutefois dans la lignée culturelle du directeur sortant, Harald Szeemann, et plus généralement dans la tendance dominante de l’art contemporain. Malgré l’insatisfaction avouée du sous-secrétaire aux Biens culturels, Vittorio Sgarbi, partisan de la candidature du “traditionaliste” Robert Hughes, la nomination de Bonami a été saluée par l’éditeur et directeur de la revue Flash Art, Giancarlo Politi, dont Bonami a été le directeur du bureau de New York de 1990 à 1997. “Après les tentatives velléitaires de certains commissaires (Achille Bonito Oliva, Harald Szeemann) et l’angoisse de voir débarquer, selon les hypothèses de Vittorio Sgarbi, des directeurs qui ne se sont jamais occupés d’art contemporain, Venise voit enfin arriver un vrai spécialiste”, a-t-il ajouté.

Un commissaire d’exposition n’est pas un prophète
Né à Florence en 1955, milanais d’adoption, Francesco Bonami s’est essayé à la peinture et à la sculpture et organise, en 1985, une rétrospective de son œuvre dans le Studio Cannaviello à Milan. Installé deux ans plus tard aux États-Unis, il devient commissaire d’exposition au Musée d’art contemporain de Chicago, membre du conseil permanent de Manifesta et également membre du comité consultatif du Carnegie International de Pittsburgh pour l’édition de 2004. Commissaire de la Biennale de Santa Fe en 1997, de Manifesta 3 en 2000, de l’exposition sur l’Arte povera organisée l’année dernière par le Walker Art Center de Minneapolis et la Tate Modern à Londres, il est aussi le conseiller de la collectionneuse turinoise Patrizia Sandretto Re Rebaudengo. Sa fondation a accueilli l’exposition “Campo 6” et l’a désigné directeur artistique de son nouveau musée qui sera inauguré au cours de l’année à Turin avec une rétrospective consacré à l’art contemporain italien. L’homme qui ne considère pas le commissaire d’exposition comme un “prophète” (“Le rôle du commissaire est de savoir qui peut dire quoi et quand. Un artiste peut être très important même si son activité est très brève. Il est justement nécessaire de l’exposer au bon moment” – lire le JdA n° 50, 19 décembre 1997) n’est toutefois pas encore à l’abri des retournements de situation chers à Vittorio Sgarbi et à son gouvernement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°146 du 5 avril 2002, avec le titre suivant : Francesco Bonami s’empare de la Biennale de Venise

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