Dimanche 22 septembre 2019

Festival

Fontainebleau : les historiens de l’art prennent un coup de jeune

Par Margot Boutges · Le Journal des Arts

Le 3 juin 2014 - 684 mots

Les étudiants, intervenants ou auditeurs, ont répondu présent lors du 4e Festival de l’histoire de l’art.

FONTAINEBLEAU - Plus fréquentée que jamais, la quatrième édition du Festival de l’histoire de l’art s’est déroulée du 30 mai au 1er juin a enregistré une augmentation sensible des 18-28 ans côté public, mais aussi côté intervenants. « La voix d’un doctorant ne vaut pas moins que celle d’un directeur de musée et c’est notre volonté que toutes les générations de l’histoire de l’art aient la parole », explique Florence Buttay, chef de projet scientifique pour le festival depuis sa création. Signe d’appropriation de ce festival par les jeunes représentants de la discipline, les retardataires ayant envoyé une proposition d’intervention hors délais n’ont pas hésité à créer un « off », situé dans un café aux portes du château. La junior entreprise de l’École du Louvre y a notamment présenté sa campagne nationale : « Le plus grand musée de France ». Depuis 2013, une quarantaine d’étudiants âgés entre 18 et 25 ans s’intéressent dans toute la France aux œuvres en détresse, les documente, les fait connaître auprès du public local et recherche du mécénat pour leur sauvegarde : un franc succès qui a déjà permis de réunir les crédits pour restaurer sept œuvres.

Côté « on », l’École du Louvre, établissement d’enseignement sous la tutelle du ministère de la Culture, s’est imposée une nouvelle fois comme le plus gros pourvoyeur de jeunes intervenants. Après avoir été « coachés » lors d’une journée de formation par les conservateurs et le service des publics bellifontains, une vingtaine d’élèves de niveau licence ont été disséminés à l’intérieur et à l’extérieur du château pour expliquer les lieux aux visiteurs. Une première expérience de médiation pour la plupart d’entre eux. Une vingtaine d’étudiants de master ou doctorants de l’École du Louvre et de la Sorbonne proposaient quant à eux pour la première fois des visites-conférences plus pointues sur le thème annuel du festival : « Collectionner ». Il n’est cependant pas facile de faire le grand écart entre le public spécialisé – cible principale des conférences du festival – et celui venant visiter le château pour la première fois, « d’autant que l’histoire des collections n’est souvent pas ce qui passionne le plus un grand public, qui attend plutôt des explications sur les œuvres elles-mêmes », selon Nicolas, 22 ans, guide de quelques jours dans la galerie des peintures.

Nombreux étaient en outre ces jeunes chercheurs à présenter leurs travaux, lors de conférences ou tables rondes, seuls, entre étudiants ou avec des professionnels plus confirmés. « C’est pour moi une manière inédite de présenter mes recherches à un public varié », explique une doctorante de Paris-I de 24 ans qui a également participé aux rencontres européennes, une résidence de trois jours à Fontainebleau prise en charge par le festival et la Fondation Hippocrène.

Les non-historiens aussi
Près du Cyclop, œuvre de Jean Tinguely installée en forêt de Milly, quarante thésards ou étudiants en master français et européens (en particulier suisses, pays mis à l’honneur cette année) ont été invités le samedi à exposer et débattre entre eux de leurs travaux. Pour Martin, benjamin du groupe et historien des sciences à l’École des hautes études en sciences sociales, « ce workshop est l’occasion de bénéficier du regard d’historiens de l’art sur le sujet sur lequel je travaille, les cabinets de curiosité, et de présenter le mien ».

Les non-historiens de l’art n’ont pas été en reste : « La petite voix du Festival de l’histoire de l’art », association partenaire de l’événement regroupant élèves de classe prépa littéraires et étudiants en théâtre, en cinéma ou en médecine, était présente. Arpentant le festival pour préparer leurs articles, ils organisaient le 27 mai à Paris une conférence sur Daniel Arasse, « un bon point d’entrée dans la discipline pour néophyte ». Dans ce riche panorama de jeunes amoureux de l’histoire de l’art, ne manquait peut-être que la génération Z. « Nous allons réfléchir à un moyen de faire intervenir les lycéens en option histoire des arts l’année prochaine », explique Florian Métral, programmateur au festival.

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Etudiants en workshop autour du Cyclop de Jean Tinguely dans le Bois des Pauvres à Milly-la-Forêt © Photo : Margot Boutges

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°415 du 6 juin 2014, avec le titre suivant : Fontainebleau : les historiens de l’art prennent un coup de jeune

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