Mercredi 29 janvier 2020

Politique

Damas accuse la coalition internationale de « fouilles archéologiques illégales »

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 11 décembre 2018 - 521 mots

DAMAS / SYRIE

Le pouvoir de Damas a accusé lundi les forces américaines, françaises et turques présentes dans le nord de la Syrie de mener des « fouilles archéologiques illégales », selon l'agence de presse syrienne officielle Sana.

Damas Syrie
Vue de Damas, Syrie, 2010

La Syrie est ravagée par une guerre complexe impliquant des puissances régionales, notamment turques, mais aussi une coalition internationale sous commandement américain. Celle-ci, engagée depuis 2014 en Syrie pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI), compte également des soldats français.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a "condamné des fouilles et des excavations archéologiques illégales" menées par "des forces américaines, françaises et turques mais aussi leurs agents", a déclaré un responsable du ministère cité par Sana. Ces fouilles seraient, selon la même source, menées dans les secteurs de Minbej, Raqa et Hassaké (nord), dominés par des forces kurdes alliées de la coalition militaire internationale. Le responsable du ministère -non identifié par Sana- a également évoqué des fouilles à Afrine et Idleb (nord-ouest), contrôlés par des rebelles pro-Ankara. "Les informations qui nous parviennent indiquent une accélération des travaux d'excavation, des pillages et des vols", selon le ministère, qui dénonce un "crime de guerre".

Les autorités syriennes ont, par ailleurs, appelé l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à "condamner ces violations graves qui portent atteinte au patrimoine culturel syrien". Contacté par l'AFP, Sean Ryan, le porte-parole de la coalition internationale dirigée par Washington, a rejeté les accusations de Damas: "Non, la coalition est uniquement là pour défaire l'EI", a-t-il affirmé. De son côté, une source au ministère turc des Affaires étrangères a déclaré qu'"il n'y avait rien de tel". Contacté par l'AFP, le vice-président de l'Autorité des Antiquités au sein de la "région fédérale" kurde dans la province de Hassaké, Rustom Abdo, a rejeté les allégations de Damas, jugeant qu'elles étaient "dénuées de tout fondement". Rattachée à l'administration semi-autonome kurde, l'Autorité des Antiquités "s'efforce de protéger les sites culturels, y compris les sites archéologiques", a-t-il insisté M. Abdo, niant l'existence de tout projet "lié aux fouilles".

Cité dimanche par Sana, le chef de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) de Damas, Mahmoud Hammoud, avait accusé les forces américaines et françaises et leurs partenaires locaux d'effectuer des "fouilles" notamment sur la colline d'Oum al-Sarj et dans des sépultures antiques près de Minbej, sous le contrôle des milices kurdes. La province de Hassaké constitue l'un des trois cantons de la "région fédérale" kurde qui s'étend du nord à l'est de la Syrie. En août, la DGAM avait rapporté des "fouilles illégales" sur le site archéologique de Cyrrhus (connu sous le nom de Nabi Houri en arabe), célèbre entre autres pour ses vestiges gréco-romains. L'organisme avait pointé du doigt les rebelles pro-turcs.

Depuis le début de la guerre en 2011, plusieurs sites archéologiques ont fait l'objet de pillages ou de destructions. L'Unesco a inscrit six sites syriens sur sa liste du patrimoine mondial en péril, tels que la vieille ville d'Alep, Palmyre -dont certains monuments ont été saccagés par l'EI- et le Crac des Chevaliers, une citadelle croisée près de Homs (centre).

Cet article a été publié par l'AFP le 10 décembre 2018.

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