Vendredi 20 juillet 2018

Sénat

CulturesFrance au rapport

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2006 - 509 mots

L’agence culturelle a dû s’expliquer
devant la Commission des finances du Sénat.

PARIS - Après une enquête menée en bonne et due forme par la Cour des comptes, Jacques Blot et Olivier Poivre d’Arvor, respectivement président et directeur de CulturesFrance – l’agence née de la récente fusion de l’Association française d’action artistique (AFAA) et de l’Association pour le développement de la pensée française, ou ADPF (lire le JdA n°238, 26 mai 2006, p. 3) –, ont été entendus à la Commission des finances du Sénat le 7 novembre. Flanqués des représentants de leurs deux ministères de tutelle (la Culture et les Affaires étrangères), les responsables de l’agence chargée de promouvoir la culture française à l’étranger ont été auditionnés afin de vérifier si celle-ci s’appuyait sur de « bonnes bases ».

Au terme de cet exercice, la Commission des finances du Sénat, présidée par Jean Arthuis (UDF), a exprimé son « inquiétude » compte tenu des « dysfonctionnements passés » de l’AFAA. Le rapport de la Cour des comptes reproche en effet à cette dernière de dépenser 40 % de ses crédits à l’intérieur de l’hexagone et non à l’étranger, pointant du doigt les saisons culturelles étrangères en France. Des chiffres que conteste Olivier Poivre d’Arvor, précisant que, sur le budget 2005, d’un montant de 25,6 millions d’euros, ces saisons culturelles (Brésil, Lettonie, préparation du festival francophone et de l’Année de l’Arménie) ne représentent que 4,7 millions d’euros, soit un peu plus de 18 % du budget, auxquelles s’ajoutent diverses autres opérations réalisées en France totalisant moins de 7 % de l’activité ; « les missions de l’AFAA se sont donc concentrées aux trois quarts sur l’étranger », défend-il. Le responsable de CulturesFrance n’est pas seul à être mis en cause.

La Commission des finances reproche aussi à la tutelle son incapacité à piloter « efficacement » l’agence et la trop grande latitude d’action accordée au directeur de l’AFAA. Elle invoque la signature d’une « convention d’objectifs et de moyens » qui aurait dû précéder la création de CulturesFrance. « La situation ne pourra pas évoluer tant que l’agence conservera son statut associatif », rétorque Olivier Poivre d’Arvor, qui prône la création d’un établissement public à caractère industriel et commercial. Mais la Commission des finances du Sénat émet des réserves quant à ce statut , craignant un impact négatif sur le développement du mécénat privé. « Faux ! », plaide Olivier Poivre d’Arvor, et de citer en contre-exemple des établissements publics comme le Centre Pompidou ou le Musée de Louvre, lesquels réussissent à lever des fonds privés. Une question sensible en tout cas puisque, sur un budget global de 30 millions d’euros, le mécénat en apporte 7. Quant aux 20 millions d’euros annuels de subventions publiques, qui laissent perplexe la Commission des finances du Sénat, Jacques Blot relativise ce montant, eu égard aux 100 millions d’euros que draine chaque année l’Opéra de Paris. Mais CulturesFrance est sommée de montrer « plus de rigueur dans sa gestion », condition sine qua non pour qu’une loi vienne un jour modifier ses statuts…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°247 du 17 novembre 2006, avec le titre suivant : CulturesFrance au rapport

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