Samedi 15 décembre 2018

Christian Dior, Granville adore...

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 8 juillet 2005 - 872 mots

Pour le centenaire de la naissance du styliste, sa ville natale propose un riche programme de festivités. Un été « Diorissimo »...

« La maison de mon enfance… J’en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture. » Christian Dior (1905-1957) a passé les premières années de sa vie à Granville, dans une villa située en haut d’une falaise surplombant la Manche. Si l’homme a collectionné les demeures cossues – le moulin du Coudret près de Milly-la-Forêt, un hôtel particulier à Paris ou encore une propriété provençale –, c’est cette villa, vendue en 1938 à la suite de la faillite de son père, qui abrite aujourd’hui le Musée Christian-Dior. Dénommée « Les Rhumbs », la demeure est l’unique musée monographique consacré à un couturier en France. Le centenaire de la naissance du créateur du new-look aura non seulement mobilisé le musée mais aussi le Tout-Granville, où les expositions et manifestations culturelles et sportives se bousculeront jusqu’en septembre.
Granville, 1905 : naissance de Christian Dior, fils d’une riche famille d’entrepreneurs. Granville est un port de commerce industrieux mais aussi une station balnéaire réputée. En guise de mise en bouche à la découverte de l’œuvre et de la vie du couturier sur les lieux même de son enfance, les musées de Granville proposent deux expositions. La première, « Granville, 1905 », au Musée du Vieux-Granville, lève le voile sur la cité normande dans laquelle le couturier a grandi. La seconde, « Les Dior avant Dior », au Musée d’art moderne Richard-Anacréon, revisite le monde de la mode avant l’impact Dior. Conçue par le Jeu de paume, à Paris, en collaboration avec les archives départementales de la Manche, cette exposition propose un ensemble de photographies des années 1920 et 1930 de François Kollar (1904-1979).

Luxe, calme et volupté
Le bonheur de vivre dans lequel le petit Christian s’épanouit tient particulièrement dans l’atmosphère de charme et de convivialité des « Rhumbs », villa entretenue avec goût par sa mère. L’établissement du Musée Christian-Dior en ces murs tombe sous le sens, tant ce penchant pour l’élégance fut décisif dans le choix de carrière du jeune homme. Car on le sait moins, mais le jeune Christian s’était d’abord lancé dans le commerce de l’art, en créant, en 1927, avec son ami Jacques Bonjean, une galerie où furent exposées les œuvres de Picasso, Matisse, Dufy, Bérard et Dalí, et, plus tard, les surréalistes.
Aujourd’hui, l’exposition « Dior, homme du siècle », revient sur cette tentative avortée : De Chirico, Leonor Fini, Tchelitchev et Marie Laurencin, entre autres, figurent sur la liste des prêts du Centre Pompidou, du Musée d’art moderne de la Ville de Paris et des collections privées des proches du couturier. Mais place à la mode : après un bref passage en revue de la couture au tournant du XXe siècle, et de ses influences sur le jeune créateur, le corps de l’exposition s’articule en 22 collections de haute couture, confectionnées de 1947 à 1957. Les modèles provenant de prestigieuses institutions – Metropolitan Museum of Art de New York, Kyoto Costume Institute, Museum of Costume de Bath (Grande-Bretagne), Palais Galleria à Paris, Union centrale des arts décoratifs à Paris et archives de la Maison Christian-Dior – sont accompagnés d’accessoires emblématiques du « total look ». La mort brutale du couturier en 1957 n’empêchera pas la maison de poursuivre son activité avec succès : les cinquante dernières années, avec pour héros Yves Saint Laurent ou John Galliano, sont aussi évoquées.

Comble du chic
« Je dessinai des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles. » Le couturier qui mit à la mode la femme-fleur et, dix ans après, la ligne « haricot vert » était un passionné de jardin. Cet été est le moment idéal pour profiter de celui des « Rhumbs », doté de roseraies et d’essences rares, au cours de la balade « Jardin des parfums ». Une passion que l’on retrouve dans les parfums de la maison de couture, dont les emblématiques Miss Dior (1947) et Diorissimo (1955) puisent leur essence dans le muguet.
L’esprit Dior régne aussi sur nombre d’événements culturels – un concert de musique sacrée, des balades littéraires, des ateliers couture et parfums ou un festival de films – et sportifs : après le très chic rallye de voitures anciennes, entre Paris et Granville, ont lieu cet été le tournoi international de tennis de Granville et, sur le parcours du Golf de Granville, la « Coupe Christian Dior ». Les participants seront récompensés par un dîner gastronomique élaboré autour des recettes imaginées par le couturier. Un programme qui aiguisera tous les appétits.

- DIOR, HOMME DU SIÈCLE, jusqu’au 25 septembre, Musée Christian-Dior, villa « Les Rhumbs », 50400 Granville, tél. 02 33 61 48 21, www.musee-dior-granville.com, tlj 10h-18h30. - GRANVILLE 1905, jusqu’au 2 octobre, Musée du Vieux-Granville, 2, rue Le Carpentier, tél. 02 33 91 88 39, tlj sauf mardi 10h-12h et 14h-18h30. - LES DIOR AVANT DIOR. LA MODE AVANT CHRISTIAN DIOR VUE PAR LE PHOTOGRAPHE FRANÇOIS KOLLAR, jusqu’au 25 septembre, Musée d’art moderne Richard-Anacréon, place de l’Isthme, tél. 02 33 51 02 94, tlj sauf mardi 11h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°219 du 8 juillet 2005, avec le titre suivant : Christian Dior, Granville adore...

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque