Mercredi 26 février 2020

Restitutions

17 objets d'art restitués aux descendants d'une collectionneuse spoliée

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 14 février 2020 - 405 mots

PARIS

Dix-sept pièces de porcelaine ont été restituées aux héritiers d'une collectionneuse dont les biens avaient été spoliés en février 1942 par les nazis, grâce à une longue enquête de généalogistes, a annoncé jeudi le ministère de la Culture.

La "salle des martyrs" du Jeu de Paume vers 1940, on peut y voir des oeuvres spoliées par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg. © Archives du ministère des Affaires étrangères.
La "salle des martyrs" du Jeu de Paume vers 1940, on peut y voir des œuvres spoliées par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg.

Ces porcelaines avaient été saisies en 1942 par le service allemand chargé du pillage, "l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg", dans un garde-meuble parisien au nom de la Princesse Colloredo, en réalité Lucy Jonquet, décédée en 1940, première épouse du Prince Colloredo. Ces pièces, essentiellement du XVIIIe siècle et de fabrication allemande ou, pour quatre d'entre elles, provenant de la Manufacture de Sèvres, faisaient partie des œuvres dites "Musées nationaux Récupération" ("MNR"). Cette catégorie désigne des œuvres retrouvées en Allemagne à la fin de la Seconde guerre mondiale après avoir été, en grande partie, spoliées à des Juifs, ramenées en France et confiées à la garde des musées nationaux, dans l'attente de leur restitution à leurs propriétaires ou à leurs ayants droit.

Les porcelaines de la famille Jonquet-Colloredo ont été transférées au musée du Jeu de Paume, lieu de transit et de conservation des objets volés. Puis elles ont été envoyées en Autriche, en 1943. Elles ont été rapatriées en France en 1948 et attribuées au Musée de la céramique de Sèvres en 1951.

Les recherches ont été menées avec l'aide des chercheurs des musées et des centres d'archives. Le ministère avait confié à l'organisation "Généalogistes de France" le soin d'identifier les héritiers des propriétaires de plusieurs œuvres spoliées, dont les pièces de la famille Jonquet-Colloredo. "Généalogistes de France" représente près de 95 % des généalogistes professionnels, soit environ 1 000 professionnels.

"Nous restons mobilisés par ce nécessaire devoir de justice et de réparation. Je me réjouis que des restitutions continuent à être rendues possibles par l'approfondissement des recherches de provenance sur les biens MNR, mais aussi sur les collections permanentes", a commenté le ministre de la Culture, Franck Riester. Cette restitution s'intègre dans une démarche qui a déjà porté ses fruits avec 19 œuvres restituées entre 2016 et 2019. Elle consiste, sans attendre que les ayants droit se manifestent, à identifier le propriétaire des œuvres MNR au moment de leur spoliation, puis leurs ayants droit. "Généalogistes de France" a eu besoin d'un an de travail pour ces 17 objets. Lucy Jonquet avait vécu entre le Royaume-Uni, la France et l'Italie, ce qui a nécessité notamment des recherches dans plusieurs pays.

Cet article a été publié par l'AFP le 13 février 2020.

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