Pratiquer une activité artistique préserve le cerveau

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 22 avril 2015 - 507 mots

ROCHESTER (MINNESOTA, ETATS-UNIS) [22.04.15] - Des chercheurs de la Mayo Clinic ont montré que la pratique d’une activité artistique régulière pendant plusieurs années diminue plus efficacement que n’importe quelle autre activité les risques de développer des troubles cognitifs dans sa vieillesse.

Un groupe de chercheurs de la Mayo Clinic, une fédération hospitalo-universitaire et de recherche de réputation mondiale, a mené une étude sur la prévision des troubles cognitifs légers chez les personnes âgées. Les résultats ont été publiés le 7 avril dans la revue scientifique Neurology et sur le site Hyperallergic. Ils tendent à prouver que la pratique d’une activité artistique telle que la peinture, le dessin ou la sculpture, pourrait retarder voire empêcher l’apparition de troubles de la pensée et de la mémoire chez les personnes âgées.

L'étude de quatre ans a démarré en 2004 et analysé les cerveaux de 265 personnes, âgées entre 70 et 81 ans. Seuls 45 participants ont été identifiés comme des artistes, et parmi eux, 18 avaient commencé leur pratique tardivement. Durant l'étude, 121 personnes âgées ont développé des troubles cognitifs légers. Les chercheurs ont montré que les personnes qui pratiquaient une activité artistique, même tardivement, étaient 73 % moins susceptibles de développer des défaillances mentales que ceux qui n’étaient pas artistes. Leur taux de déficience cognitive était de 16,7 %, par rapport à la norme de 49,2 % pour la population non artiste. Une vie sociale active, l’utilisation d’un ordinateur et la pratique d’activités manuelles ont également un impact positif sur le vieillissement cognitif. Comme dans d’autres études, il a été prouvé que ces pratiques ont un effet moindre que l’art sur le vieillissement. Par exemple, les participants qui ont déclaré avoir des activités de loisirs manuelles, comme le travail du bois ou la couture, étaient 45% moins susceptibles de développer des troubles de la pensée et de la mémoire.

Cette étude concerne une population relativement faible, sur une courte durée. Mais elle fait écho a d’autres études antérieures, ayant abouti aux mêmes résultats. En 2014, une étude a été réalisée en Allemagne sur deux groupes de personnes âgées, un groupe pratiquant une activité artistique et l’autre groupe assistant à un cours de pédagogie de l’art. Les résultats montrent chez le groupe ayant pratiqué la peinture et le dessin une amélioration significative de la résilience psychologique et des interactions entre certaines régions du cerveau détériorées par le processus de vieillissement, ce qui n’est pas le cas chez l’autre groupe.

« Je ne sais vraiment pas pourquoi les résultats pour l’engagement artistique sont plus forts que pour d'autres activités », a déclaré un des chercheurs de cette étude, Rosebud Roberts, dans une interview au Pacific Standard. « Ces activités peuvent toutes avoir un rôle dans le maintien de la simulation des cellules du cerveau, et peuvent aider à développer de nouveaux circuits neuronaux. Ou un engagement continu peut permettre à une personne de développer une plus grande réserve cognitive à partir de laquelle des cellules du cerveau de rechange sont recrutées pour prendre en charge la fonction des cellules qui ne fonctionnent plus ».

Légende photo

Dessin d'un cerveau humain © Photo Ineuw - 1894

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque