Mercredi 20 novembre 2019

Lieu

Une maison Hugo

Besançon ouvre un musée dans la maison natale de Victor Hugo

Le Journal des Arts

Le 2 octobre 2013 - 410 mots

Besançon - « Alors dans Besançon, vieille ville espagnole […] Naquit d’un sang breton et lorrain à la fois, Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ».

Ainsi Victor Hugo évoque-t-il sa naissance un soir de février 1802, à Besançon (Doubs), qu’il ne doit qu’au hasard des affectations de son officier de père. S’il ne reste que six semaines à Besançon, où il ne reviendra jamais, son nom est symboliquement attaché à la ville et attirera écrivains et artistes. En 1845, Gustave Flaubert insistait pour visiter la chambre où le grand homme était né. Un siècle et demi plus tard, les curieux formulent toujours la même demande. En 2012, la municipalité a donc lancé la rénovation du bâtiment et la création d’un lieu de mémoire, majoritairement financé par le Conseil général du Doubs et par la Région. Pour se démarquer des musées déjà existants, la maison natale a retenu pour thématiques les relations entretenues par l’auteur avec sa ville d’origine et les grands combats menés par l’écrivain tout au long de sa vie.

L’écho des combats d’hier


Conçue par le cabinet Harmattan, la scénographie s’appuie sur les nouvelles technologies pour animer les mots, les textes et les œuvres présentées dans un cadre moderne. Seule la chambre où l’auteur est né a conservé ses boiseries et son papier peint d’origine. Au rez-de-chaussée, des documents d’archives rappellent les liens entretenus entre Hugo et des francs-comtois tels que Charles Nodier ou Gustave Courbet, l’étage est  consacré à l’écrivain engagé. À la tribune de l’Assemblée, dans les journaux où durant son exil, Victor Hugo dénoncait les travers de son époque, comme en témoignent les extraits de pamphlets, discours et œuvres exposés. Dialoguant entre passé et présent, l’exposition donne la parole aux organismes partenaires tels que Reporters sans Frontières, ATD Quart Monde, Amnesty International et Unicef qui donnent la réplique aux prises de positions de Victor Hugo concernant la liberté d’expression, la misère et l’inégalité, les droits de l’enfant et la liberté des peuples. Le combat de l’auteur contre la peine de mort est évoqué, relayé par les paroles de Robert Badinter, désormais parrain de la Maison natale. Inauguré à l’occasion des journées du patrimoine, le musée n’entend pas rester isolé. Associée aux principaux lieux de mémoire dédiés à l’écrivain, il s’emploie déjà à créer la « Route Victor Hugo » qui proposera dans le futur une vue d’ensemble de la vie et de l’œuvre d’un des plus grands écrivains de langue française.

MAISON NATALE DE VICTOR HUGO

140 Grande-Rue, 25000 Besançon ; tél. 03 81 87 85 35 tlj sauf mardi 14h-17h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°398 du 4 octobre 2013, avec le titre suivant : Une maison Hugo

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