Musée national de l’Ombrie

Une collection de fonds d’or comparable à celle des Offices

Le Journal des Arts

Le 1 avril 1994

Après cinq ans de fermeture, on va de nouveau avoir accès aux collections d’art italien du XIIIe au XVIIIe siècle.

PÉROUSE - Le Musée national de l’Ombrie, fermé en 1989 pour une grande restructuration, avait déjà ouvert en juillet 1993 cinq salles de collections lapidaires. Il rouvrira dans son intégralité le 22 avril prochain, l’achèvement des travaux ayant été rendu possible grâce à une augmentation des fonds alloués ces deux dernières années. "Le nouvel aménagement, explique Vittoria Garibaldi, directrice du musée, touche 70 % de ce qui sera la surface définitive de 2500 m2 ; les salles restantes seront rouvertes sitôt les derniers travaux d’implantation et de mise aux normes de sécurité finis."

Le musée se caractérise principalement par sa richesse en œuvres du XIIIe au XVe siècles, époque à laquelle l’Ombrie s’est trouvée à la charnière de plusieurs courants artistiques provenant de Sienne, Florence, Rome et Urbin. Cette position de carrefour "stratégique" a conduit de grands artistes, comme Arnolfo di Cambio, Gentile da Fabriano, Piero della Francesca et Fra Angelico, à séjourner à Pérouse, y réalisant des œuvres et donnant naissance à de florissantes écoles locales. "Cette activité, poursuit la directrice, se reflète dans les collections, avec un ensemble de panneaux à fond d’or comparable à celui des Offices et de la Pinacothèque nationale de Sienne. Le XVIe siècle est également bien représenté, avec les œuvres d’artistes locaux, comme le Pérugin et le Pinturicchio. Nous avons aussi une collection de dessins et d’estampes, et un vaste ensemble de tissus, de bijoux et d’ivoires."

En 1954, Francesco Santi avait déjà eu l’idée de redéployer les collections du Palazzo dei Priori en proposant un groupement chronologique et thématique. "Ces critères, qui n’ont jamais été entièrement appliqués, explique Mme Garibaldi, sont ceux de la nouvelle installation. Ils intègrent les subdivisions par zones culturelles, à leur tour ordonnées chronologiquement, pour rassembler des œuvres proches dans certains secteurs. Nous avons voulu créer un musée vivant et évolutif, avec des espaces particuliers consacrés à certains artistes, des parcours alternatifs, des pôles d’attention pour les visiteurs pressés. L’informatisation de la didactique, faite en collaboration avec IBM, est essentielle : on peut localiser rapidement les parcours et donner des commentaires approfondis pour chaque œuvre."

"Le projet, explique l’architecte Mauro Seveti, responsable de l’aménagement avec Mario Ferrara, tend à adapter les nécessités de l’exposition aux éléments architecturaux préexistants. Les panneaux d’exposition, structures modulaires très souples qui doivent s’adapter à la sculpture comme à la peinture ou à la fresque, sont de couleur neutre. Dans certains cas, nous avons dû aveugler les fenêtres pour empêcher l’arrivée de lumière directe."

De même, des horaires d’ouverture prolongés ont été adoptés, en utilisant notamment les solutions prévues par la loi Ronchey (emploi d’objecteurs de conscience et de volontaires, par exemple). Enfin, alors que depuis un an le musée dispose d’une librairie, il est prévu l’ouverture de laboratoires de restauration, d’une bibliothèque, d’archives et d’une photothèque.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°2 du 1 avril 1994, avec le titre suivant : Une collection de fonds d’or comparable à celle des Offices

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