Jeudi 12 décembre 2019

Italie

Turin à l’heure asiatique

Le Journal des Arts

Le 8 janvier 2009 - 549 mots

Le Musée d’art oriental de Turin rouvre ses portes après six ans de travaux.

TURIN - Le Musée d’art oriental de Turin a ouvert ses portes le 5 décembre 2008 après une campagne de travaux supervisée par la Fondation des musées turinois. La rénovation du nouveau siège du musée, le Palazzo Mazzonis, datant du XVIIIe siècle, a débuté à la fin 2002. Propriété de la ville depuis 1980, le bâtiment abritait jusqu’alors bureaux et tribunaux, et la légende veut que Joséphine Bonaparte en ait fait autrefois sa résidence. Les travaux ont coûté dix millions d’euros, tandis que le réaménagement des espaces d’exposition a nécessité cinq millions d’euros, dont trois ont été financés par la fondation culturelle turinoise Compagnia di San Paolo. Situé au cœur de la vieille ville, dans le « quadrilatère romain », entre les rues San Domenico et Sant’Agostino, le palais peut s’enorgueillir de 1 700 mètres carrés de salles d’exposition distribuées sur quatre étages. Ses collections riches de 1 500 pièces couvrent cinq régions géographiques et culturelles : l’Asie du Sud, la Chine, le Japon, l’Himalaya et le monde islamique. Son directeur et fondateur n’est autre que Franco Ricca, un Turinois âgé de 80 ans, bardé de diplômes (chimie, physique pure et littérature ancienne avec une spécialisation en indologie) et passionné par le Tibet et sa culture bouddhiste, qu’il explore depuis plus de trente ans.
L’entrée du bâtiment se fait sous une galerie couverte, dessinée par l’architecte turinois Andrea Bruno, responsable de la muséographie. Des jardins zen de part et d’autre mènent aux salles du rez-de-chaussée consacrées à la sculpture de la région du Gandhara (à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan).
Parmi ces pièces en pierre, bronze et terre cuite figurent des exemples exceptionnels de sculptures des périodes Kushana (du IIe siècle av. J.-C. au IIe siècle) et Gupta (IVe et Ve siècles). Ce parcours en Asie du Sud-Est s’achève sur des incursions au Cambodge, en Thaïlande et en Birmanie. Si l’étroit rez-de-chaussée a gagné en espace et en luminosité avec le percement de nouvelles fenêtres, le piano nobile [étage noble], au-dessus, est plus spacieux. Là, le grand hall de réception sert de salle de conférence, tandis que les galeries chinoises abritent des pièces de la période néolithique à la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220) d’un côté, de la dynastie Tang (618-907) de l’autre. Provenant de la collection de Marcello Pacini, ancien directeur de la Fondation Agnelli, poteries, laques, bronzes et terres cuites témoignent de la richesse et de la complexité de l’art funéraire chinois – environ 700 de ces pièces ont été acquises par la Ville de Turin ou la Région du Piémont. Le palais abrite également quelques-unes des collections autrefois conservées au Musée municipal de numismatique, d’ethnographie et d’arts orientaux sur la via Bricherasio, ainsi qu’une riche sélection d’objets provenant des fouilles menées au cours des années 1950 par le Centro Scavi de Turin dans la vallée de Swat au Pakistan. Les liens de Turin avec l’Orient sont également illustrés par les acquisitions faites par la fondation Compagnia di San Paolo pour enrichir la collection d’art japonais du musée, ainsi une paire de panneaux dorés (1626) de l’époque Edo (vers 1600-1868) et un Gardien du temple du XIIIe siècle de l’époque Kamakura (1185-1333), fleurons de la section consacrée au Japon.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°294 du 9 janvier 2009, avec le titre suivant : Turin à l’heure asiatique

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