Italie

SOS des musées

Les musées d’art contemporain sont mis sur la paille

Le Journal des Arts

Le 16 novembre 2010 - 522 mots

TURIN - L’art contemporain est encore loin d’avoir gagné la confiance des politiciens italiens, en particulier de droite, lesquels ont obtenu un franc succès lors des dernières élections au mois de mars.

À l’exception du MAXXI, tout juste inauguré à Rome, les musées d’art contemporain du pays sont financés au niveau local soit par les Villes, soit par les Régions. Créés au cours des trente dernières années, ils sont de taille modeste au regard des institutions internationales. Ce qui les rend particulièrement vulnérables aux caprices du politique et donc aux réductions de budget. Gabriella Belli, directrice du Mart (Musée d’art moderne et contemporain de Trento e Rovereto) à Trento, également présidente de l’Association des musées italiens d’art contemporain (Amaci), confirme : « Les réductions, en moyenne, dépassent les 30 %. » Le Castello di Rivoli à Turin, le Madre (Musée d’art contemporain Donna-Regina) à Naples et le Mambo (musée d’art moderne) à Bologne sont dans l’incertitude totale.  

Stratégie à revoir
Le Castello di Rivoli, pour lequel la précédente directrice, Ida Gianelli, a tissé des liens solides avec le monde de l’art international, s’attend à une réduction de ses subventions de l’ordre de 20 % à 50 % de son budget actuel de 4,5 millions d’euros, qui comprend 3,2 millions de frais fixes. « Nous ne pouvons nous contenter de nous serrer la ceinture mais devons revoir toute notre stratégie », déplore Giovanni Minoli, président du conseil d’administration. À Bologne, Lorenzo Sassoli de Bianchi, président du Mambo, prévient : « Avec les réductions prévues pour 2012, nous risquons la fermeture. » Aujourd’hui, le musée reçoit 471 000 euros de la Ville pour couvrir ses frais de fonctionnement, tandis que mécènes et partenaires privés soutiennent sa programmation. Le directeur du Mambo, Gianfranco Maraniello, refuse de s’avouer vaincu. « Nous ne sommes pas en déficit et je suis fier de dire que nos comptes sont sains et totalement transparents, nous a-t-il confié. Le Mambo est loin d’être dans la panade que connaît le Madre. » 
Le Madre a fait les gros titres de la presse napolitaine lorsqu’il a été révélé que l’électricité allait y être coupée pour cause de factures impayées. Une pétition (1) contre les réductions des subventions de la Région a été signée par plus de 9 000 personnes, pour la plupart vivant à l’étranger, mais par très peu de Napolitains. Au 5 novembre, elle avait recueilli la signature de deux cents personnalités parmi lesquelles Hans Ulrich Obrist, Germano Celant, Georg Baselitz… L’institution, autrefois considérée comme la prunelle des yeux du gouvernement régional de Campanie mené par Antonio Bassolino, semble aujourd’hui la victime d’un clash politique avec son successeur de centre droite. Contrôleur des dépenses régionales pour la culture, Caterina Miraglia déclare : « Je ne souhaite pas la fermeture du musée, mais on doit revoir son coût de fonctionnement. Il n’est pas possible que, avec un budget de 8 millions par an, il n’arrive à générer que 100 000 euros. » Enfin, le dernier-né des musées de Naples, le Museo del Novecento (Musée du XXe siècle), qui a ouvert ses portes au château Sant’Elmo en mars dernier, n’aurait aucun financement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°335 du 19 novembre 2010, avec le titre suivant : SOS des musées

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