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RÉNOVATION

Rome se dote d’un nouvel espace culturel

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · Le Journal des Arts

Le 18 septembre 2019 - 592 mots

ROME / ITALIE

Le palais Bonaparte, dernière demeure de la mère de Napoléon et propriété de l’assureur Generali, a été restauré et accueillera à terme deux expositions chaque année.

Rome. L’un des plus célèbres palais romains rouvre enfin ses portes. Le public pourra dès le 6 octobre franchir celles du palazzo Bonaparte situé sur la piazza Venizia juste en face de l’imposant Vittoriano. Face au massif édifice de marbre blanc inauguré en 1911 à la mémoire du premier roi d’Italie, Victor-Emmanuel II, l’élégant palais ocre construit de 1657 à 1677 par l’architecte Giovanni Antonio De Rossi semble frêle. À son sommet on peut lire le nom de famille de Napoléon se détachant dans le ciel romain. La mère de l’Empereur en fit l’acquisition en 1818 et y demeura jusqu’à sa mort en 1836. Après être passé entre les mains de différentes familles de la noblesse romaine, il est racheté en 1972 par Assitalia, filiale de la compagnie d’assurances Generali. Cette dernière renforçait ainsi sa présence sur la piazza Venizia où elle avait déjà fait construire un imposant palais au début du XXe siècle pour abriter son siège dans la capitale.

Un espace d’exposition au cœur de Rome

Le palais Bonaparte accueillera des événements culturels et des expositions. La première est une reprise de « Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves » qui avait été proposée à l’hiver 2018-2019 par le Musée Marmottan Monet à Paris ; elle a été rebaptisée ici « Impressionnistes secrets ». Les deux commissaires, Claire Durand-Ruel Snollaerts et Marianne Mathieu, offriront aux yeux des visiteurs plus d’une cinquantaine d’œuvres de Signac à Matisse en passant par Pissarro, Renoir, Degas ou Seurat, des pièces provenant de collections privées.

Elles seront exposées à l’étage noble du palais Bonaparte, lequel n’a jamais été ouvert au grand public. Il a fait l’objet d’importants travaux de restauration qui ont duré un an et se sont achevés en juillet dernier. Ses 3000 mètres carrés de mosaïques et ses fresques baroques ont retrouvé leur splendeur originelle. Les visiteurs sont accueillis par le moulage en plâtre de la statue de Canova Napoléon en Mars désarmé et pacificateur que l’artiste avait offert à Maria Letizia Ramolino, la mère de son modèle.

« La réouverture du palazzo Bonaparte représente une nouvelle étape dans l’activité culturelle de Generali à travers son programme “Valore Cultura” lancé en 2016, explique Lucia Sciacca, directrice de la communication et du développement durable chez Generali Italia. Ce projet vise à rendre accessibles au public des lieux qui lui étaient jusqu’ici fermés et à les valoriser. À terme, nous y organiserons deux expositions par an. C’est le prolongement de ce que nous faisons au sein du palais Morosini à Venise consacré à l’art contemporain avec notamment des expositions photographiques et de design. Nous sommes également partenaire de grands théâtres lyriques comme le San Carlo de Naples. En trois ans nous avons collaboré à quatre-vingts initiatives artistiques qui ont attiré 3,5 millions de visiteurs. »

Pour la valorisation du palais Bonaparte, le partenaire choisi est Arthemisia, société leader en Italie dans la production de grandes expositions, à l’origine de plus d’une quarantaine d’événements depuis 2015 sur l’ensemble du territoire de la Péninsule. Arthemisia retrouve ainsi en plein cœur de Rome un espace prestigieux après avoir perdu la gestion de celui du Vittoriano consacré aux grandes expositions « blockbusters ». « C’est une opération importante, avait commenté l’ancien ministre des Biens et Affaires culturels Alberto Bonisoli. Rome a besoin d’avoir des lieux d’exposition supplémentaires pour augmenter son offre culturelle. » Outre celui du ministère, le palais Bonaparte bénéficiera du patronage de la municipalité et de la Région.

Palazzo Bonaparte,
Piazza Venezia 5, Rome. Du 6 octobre 2019 au 8 mars 2020, « Impressionnistes secret »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°529 du 20 septembre 2019, avec le titre suivant : Rome se dote d’un nouvel espace culturel

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