Dimanche 21 octobre 2018

Madrid

Réouverture du Museo de América

La nouvelle muséographie met en valeur le trésor des Quimbayas

Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1994 - 542 mots

Dans ses nouvelles installations de 9 000 m2, répartis sur deux niveaux, le Musée de l’Amérique, qui était fermé depuis treize ans, peut enfin exposer 10 à 12 % des vingt mille objets archéologiques qui composent ses collections.

MADRID - Cinq espaces thématiques rythment désormais la visite du Museo de América : "les instruments de la connaissance", "la réalité américaine", "la société", "la religion" et "les moyens de communication". On admirera en priorité le remarquable ensemble de pièces précolombiennes en or du trésor des Quimbayas, offert par le gouvernement colombien à la couronne d’Espagne en 1892, à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique.

L’occasion de constater que les Quimbayas, habitants du versant ouest de la Cordillère centrale, comprise entre les fleuves Magdalena et Cauca, ont atteint la perfection dans l’art de l’orfèvrerie. Ce trésor, découvert dans deux tombes, comprend cent vingt et une pièces d’orfèvrerie : des colliers, des bracelets, des jambières, des diadèmes, des petits flacons et diverses poteries.

Grâce à un éclairage très étudié, la nouvelle scénographie met particulièrement en valeur la qualité exceptionnelle des objets présentés. Comme ce codex Tro-Cortesianus, bande d’écorce de ficus de 7,15 m de long et de 25 cm de large, sur laquelle sont peints des glyphes, des chiffres et des images de dieux et d’animaux. Ce traité de divination, destiné aux prêtres et peint aux couleurs caractéristiques des indiens Mayas (noir, jaune, vert, bleu et rouge), contient des informations très importantes pour la connaissance de cette peinture, au Yucatán, à l’époque postclassique.

Des collections historiques
C’est au XVIIIe siècle, avec la création du Cabinet royal d’histoire naturelle, que l’Espagne a commencé à disposer de descriptions et d’inventaires d’objets provenant des Indes occidentales, documents aujourd’hui conservés au musée. Les premières découvertes ont été faites au Pérou en 1764 – la collection péruvienne a été constituée par Martinez Compañon entre 1782 et 1785 – et les premières fouilles scientifiques, menées sous la direction d’Antonio del Río, ont été effectuées dans les ruines du temple-pyramides maya de Palenque.

Ces collections ont ensuite été complétées par les premières expéditions scientifiques espagnoles. Des donations récentes sont venues enrichir ce fonds, parmi elles la collection Oñate de céramiques mexicaines du XVIIe siècle et la collection Larrea d’objets incas.

Les collections du musée, rassemblées en 1941, ont longtemps été conservées dans les réserves du Musée archéologique national puis, en 1965, transférées à la Cité universitaire, construite en 1943 par les architectes Luis Moya et Louis Martinez Feduchi dans le style néoclassique de la période franquiste. Agrandie en 1981, une partie de ses locaux a été aménagée en musée. La restauration de la Cité a coûté 50 millions de francs, auxquels se sont ajoutés 16,5 millions de francs pour l’aménagement du musée, conçu par les architectes Juan Ignacio Macuo et Garcia Ramas.

Un cabinet de naturaliste a été reconstitué ainsi qu’une maison maya et un palais inca. En outre, un laboratoire de conservation et de restauration, une bibliothèque spécialisée – riche de 13 000 volumes et réservée aux chercheurs et aux étudiants – ainsi qu’un espace réservé aux expositions temporaires, doté d’une salle de conférence, complètent ce Museo de América dont la réouverture, le 12 octobre dernier, coïncidait avec le jour anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : Réouverture du Museo de América

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