Vendredi 23 février 2018

Quand la mode sert le musée…

Le Musée des tissus modernise son atelier de restauration

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 2009

Géré par la Chambre de commerce et bénéficiant des retombées d’un domaine économiquement porteur – la mode –, le Musée des tissus de Lyon mène depuis dix ans une habile politique de relance. Après des travaux de rénovation, l’informatisation de ses collections et de nombreuses expositions, il agrandit son atelier de restauration pour répondre à la demande privée.

LYON (de notre correspondant). Dans ce quartier calme et opulent d’antiquaires et de boutiques chics de la rue Auguste-Comte, le Musée des tissus a trouvé un environnement sur mesure. Surtout depuis que la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a décidé de faire fructifier des collections où l’on trouve plus de quatre millions d’échantillons. Avec la création d’une banque de données textile, la relance des expositions – Vionnet, Paquin, Balenciaga – et, tout ré­cem­ment, la décision d’étoffer les capacités de traitement de l’atelier de restauration, une gestion habile d’un fonds et de ses dérivés commerciaux s’est mise en place. Elle tranche dans le paysage muséal provincial. L’atelier de restauration va passer de 100 à 500 m2 afin de sauver les pièces du musée, mais aussi pour former des restaurateurs et, surtout, répondre à une demande privée croissante. L’investissement sera apporté par la Drac (2,5 millions de francs), la Région (1 million de francs) et la CCI (1,8 million de francs), le fonctionnement étant assuré par l’activité elle-même. "Nous avons fait une étude de marché : l’atelier devrait s’autofinancer dès la première année", souligne Jean Enderlin, directeur des musées à la CCI. Le revers de l’opération est de soumettre "les restaurateurs à une pression financière à laquelle nous ne sommes pas habitués et qui peut nuire au travail : la réfection est un acte lent et réfléchi", remarque Marie Schoefer, responsable de l’atelier. À l’avenir, chaque commande sera attribuée sur appel d’offres à des restaurateurs indépendants, aucune embauche n’étant prévue dans l’immédiat.

Si l’atelier de restauration ne se visite pas, on peut voir le résultat de ses travaux en visitant l’exposition \"La soierie lyonnaise du XVIIIe au XXe siècle.\" Ce panorama de deux siè­cles d’histoire de la soie revient d’une tournée japonaise de plus d’un an. Jusqu’au 31 août, 34 rue de la Charité, 69002 Lyon, tél. 04 78 37 15 05

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°41 du 4 juillet 1997, avec le titre suivant : Quand la mode sert le musée…

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