Vendredi 22 février 2019

Ostende : dix ans de défense de l’art moderne

Une galerie de monstres sacrés pour fêter l’anniversaire du musée

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1996 - 499 mots

Le Musée d’Ostende fête ses dix ans en regroupant des œuvres d’Ensor, Spilliaert, Permeke, Ma­grit­te et Delvaux. Si les trois premiers ont hanté cette ville et le dernier s’est installé sur la côte belge, Magritte, lui, n’a que peu de liens avec ce port. Mais Ostende et son Mu­sée provincial d’art moderne (PMMK) sont aujourd’hui l’un des derniers lieux en Belgique où l’art moderne est particulièrement bien représenté.

OSTENDE (de notre correspondant). L’exposition consacre dix années d’existence au service de l’art moderne. Parmi ces artistes phares de l’art belge, chacun trouvera son plaisir et pourra déceler certaines affinités sélectives : Spilliaert-Magritte, Delvaux-Per­meke, Ensor-Spilliaert... L’heure est aussi au bilan. Inauguré en décembre 1986 avec une rétrospective Permeke, le musée, dirigé par Willy Van den Bussche, accueillait la collection de la Province de Flandre Occidentale, créée en 1957, avec l’Expres­sion­nisme flamand pour noyau. Depuis, cette collection n’a cessé de s’étoffer jusqu’à devenir l’une des plus importantes de Belgique. D’emblée, le PMMK s’est signalé par son style architectural : hébergé dans un grand magasin construit au début des années cinquante par Gaston Eysselinck, figure essentielle de l’architecture mo­derne en Belgique, il a fait l’objet d’agrandissements successifs jusqu’à celui de 1995 qui, en le dotant de 2 000 m2, permet au musée d’organiser quatre expositions en même temps dans des lieux polyvalents.

Les moyens mis en œuvre font aujourd’hui du PMMK un outil performant organisé selon plusieurs axes : l’attention accordée à la peinture tant dans l’élaboration de la collection que dans la programmation des expositions ; l’enseignement et le développement des ateliers pour enfants ; la défense de l’art moderne en Belgique. Willy Van den Bussche a voulu ainsi réagir à la mainmise d’une création contemporaine figée sur les seules pratiques conceptuelles et dominées par des effets de mode. À l’opposé du Musée d’art contemporain de Gand et de son "patron" Jan Hoet, le PMMK et son directeur ont visé un public plus large – à commencer par les enfants – en mêlant grands noms et artistes à découvrir, et en sortant la création contemporaine de son "isolement" muséologique.
Il apparaît aujourd’hui comme le dernier grand lieu de découverte de la peinture moderne belge. Les rétrospectives Bertrand, Delahaut, Mendelson ou Bury en témoignent. Au-delà des critiques, le PMMK est devenu unique en Belgique et son activité l’a rendu indispensable. Cela méritait bien cette "messe" officiée par Ensor, Spilliaert, Permeke, Magritte et Delvaux.

Le PMMK en quelques dates
1957 : création de la collection de la Province de Flandre Occidentale
1981 : achat du bâtiment
1986 : ouverture du PMMK et rétrospective Permeke
1987 : Art abstrait, Art déco
1988 : rétrospective Gaston Bertrand, Panamarenko-Multiples
1989 : rétrospective Gustave De Smet
1990 : rétrospectives Paul Joostens, Jo Delahaut et Magritte, Walter Leblanc
1991 : Cobra, Post-Cobra
1992 : Modernism in Painting, Dix ans de peinture en Flandre, Jacques Charlier
1994 : rétrospective Rik Wouters
1995 : ouverture des 2 000 m2 d’extension, rétrospectives Bram Bogart et Marc Mendelson
1996 : rétrospective Pol Bury

ENSOR, SPILLIAERT, PERMEKE, MAGRITTE, DELVAUX, jusqu’au 2 février 1997, Musée provincial d’art moderne (PMMK, 11 Rome­straat), tlj sauf lundi 10h-18h. Entrée : 300 et 200 FB. Catalogue en quatre langues, 1 200 FB. Informations au 059-80 56 26.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°30 du 1 novembre 1996, avec le titre suivant : Ostende : dix ans de défense de l’art moderne

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