MaXXI version mini

Zaha Hadid construit le musée d’art contemporain de Rome

Le Journal des Arts

Le 26 septembre 2003

Situé à Rome, MaXXI, le futur Musée national des arts du XXIe siècle, va enfin donner une touche contemporaine à la capitale italienne. Imaginé par Zaha Hadid, le bâtiment sera représentatif du style de l’architecte, avec des ruptures, des transparences et des changements de point de vue. Les travaux ont débuté au mois de mars dans le quartier de Flaminio. Mais, par manque de financement, l’ensemble du projet a été revu à la baisse. L’institution devrait ouvrir ses portes en 2005.

ROME - Les travaux pour le tout nouveau MaXXI (Musée national des arts du XXIe siècle) ont débuté au printemps dernier. La capitale italienne va enfin se doter d’un musée d’art contemporain, dont le bâtiment, imaginé par l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, a une vocation urbaine – selon Margherita Guccione, de la DARC (direction pour l’Architecture et l’Art contemporain). En effet, la particularité architecturale de l’édifice réside dans l’utilisation des pavillons historiques de l’ancienne caserne Caserma Montello, un système de cellules à la fois autonomes et interactives disséminées dans le quartier de Flaminio. L’emplacement du futur musée est représentatif d’un certain renouveau culturel de la ville, dont le parcours emblématique part de la villa Borghese, passe par le viale delle Belle Arti, avec la Galleria Nazionale d’Arte Moderna, le Museo Etrusco et les dix Académies étrangères, pour s’achever avec le Parc de la musique dominé par le Parc de la sculpture contemporaine de la villa Glori. La municipalité et la faculté d’architecture Valle Giulia ont pris par ailleurs l’initiative de réaménager cet ensemble qui réunit l’ancien et le contemporain.

2 % pour la culture
Flexible, le projet de Zaha Hadid a dû s’adapter à la réduction du budget affecté au financement des travaux. Seule une partie du projet (60 % ou 17 000 m2 sur 26 000) sera réalisée pour le moment ; la construction de quatre ailes a provisoirement été “gelée”, entraînant une réintégration dans le bâtiment principal des diverses activités que ces pavillons devaient accueillir, dont le centre de documentation et la bibliothèque. Les plans détaillés, remis par Hadid en décembre 2002, donnent une vision de cette construction : toutes les difficultés d’ordre techniques soulevées à l’époque du concours d’architecture ont été résolues, jusqu’à l’approbation du conseil supérieur des travaux publics, qui a lancé l’appel d’offres début 2003. Le coût de l’opération est estimé à 56,8 millions d’euros. Les travaux devraient s’achever en 2005.
Le MaXXI se caractérise par de longs modules architecturaux, appelés “suites”, sinueux et entrecoupés de façon à varier constamment le point de vue du visiteur. Les murs – dont le matériau n’a pas encore été déterminé – sont rythmés par des pans translucides, en particulier aux intersections entre les différents modules et étages ; vis-à-vis et ruptures de niveau caractéristent le projet. Si l’espace “externe” de l’ensemble est fragmenté, surprend et varie continuellement, les galeries destinées à l’exposition des œuvres sont ininterrompues. La lumière naturelle y pénètre largement grâce à sept verticales parallèles. Enfin, la galerie du deuxième étage aboutit à un grand écran, visible de l’extérieur, qui déclinera les activités du musée.
Les collections du MaXXI seront constituées de nouvelles acquisitions, de dons ou de pièces issues d’autres musées. S’y ajouteront des œuvres réalisées dans le cadre d’un équivalent de notre “1 % pour la culture”, la loi 717/49, toute nouvelle, qui statue que 2 % des dépenses pour les édifices publics sont destinés à l’achat d’œuvres d’art.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°177 du 26 septembre 2003, avec le titre suivant : MaXXI version mini

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