Mercredi 19 février 2020

Rosalie Caron

Mathilde et Malek-Adhel surpris dans le tombeau de Montmorency par l’archevêque de Tyr

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 22 septembre 2014 - 394 mots

Avec un troisième tableau de Rosalie Caron acquis en moins d’un an, le Musée du monastère royal de Brou honore la contribution des femmes peintres à l’âge d’or de la peinture troubadour.

Amour clandestin
Roméo et Juliette, Lancelot et Guenièvre, Héloïse et Abélard, les histoires d’amour interdites étaient prisées du temps de Mme Cottin. À son tour, la romancière s’empare d’une idylle clandestine, celle de Mathilde d’Angleterre, sœur de Richard Cœur de Lion et de Malek-Adhel, frère de Saladin. Avant d’épouser sa belle, le prince musulman doit abjurer sa foi, mais il lui faut d’abord écarter le prétendant de Mathilde, Guy de Lusignan, qui l’a provoqué en duel. Alors que les tourtereaux se retrouvent au lieu secret de leur rendez-vous, le mausolée de Josselin de Montmorency, arrive l’archevêque de Tyr. Leur protecteur vient indiquer à Malek-Adhel l’entrée du souterrain par lequel il peut s’enfuir. Mais, ne pouvant échapper longtemps à son destin tragique, le bien-aimé succombera à son adversaire, et Mathilde, inconsolable, prendra le voile de carmélite.

Tombeau
Le tombeau, peut-être inspiré de celui de Mathieu IV de Montmorency (1252-1304) dans l’église de Conflans-Sainte-Honorine, situe l’action à l’époque médiévale, en même temps qu’il renforce le caractère dramatique de la scène.

Rosalie Caron
De Rosalie Caron, née à Senlis le 26 ou 27 juillet 1791, on sait peu de chose si ce n’est qu’elle fut l’élève de Jean-Baptiste Regnault, comme ses contemporaines Henriette Lorimier, Pauline Auzou ou Albertine Clément-Hémery. Elle fait donc partie de ces femmes peintres troubadours, « genre perçu comme féminin par essence, puisque traitant souvent de sujets sentimentaux, dans un style délicat et minutieux ».

1824
Troisième tableau identifié de Rosalie Caron inspiré du roman de Sophie Cottin, Mathilde ou Mémoires tirés de l’histoire des croisades (1805), ce dernier a été peint avant 1824, année de sa présentation au Salon. Il parachève les deux premiers épisodes acquis en début d’année par le Musée de Brou qui ne pouvait manquer de compléter la série de mêmes formats.

40 000 €

Grâce à un appel aux dons, la vedette de l’exposition « L’invention du passé » qui s’est terminée le 21 septembre, reste au Musée de Brou. La souscription a permis de remporter près de la moitié des 40 000 € demandés par le vendeur, un collectionneur privé, le complément ayant été apporté par la ville de Bourg-en-Bresse avec le soutien du Fonds régional d’acquisition des musées (FRAM).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°672 du 1 octobre 2014, avec le titre suivant : Mathilde et Malek-Adhel surpris dans le tombeau de Montmorency par l’archevêque de Tyr

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