Mercredi 19 février 2020

Louis Bréa - L’Adoration de l’Enfant

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 15 janvier 2016 - 376 mots

Heureux le Musée des beaux-arts de Nice qui a pu acquérir un tableau attribué à Louis Bréa, dont les œuvres sont rares sur le marché.

Transition
Issu d’une famille d’artisans, Louis Bréa (vers1450-1525) révolutionne la peinture locale de son temps, géographiquement comprise entre Nice, sa ville natale, et la Ligurie occidentale, sous domination génoise. Avant tout peintre religieux, il diffuse son art sous la forme de retables tel celui de La Nativité, toujours conservé dans la collégiale Saint-Martin de La Brigue (Alpes-Maritimes). L’exemple est choisi pour sa parenté iconographique avec notre peinture. Il permet de mesurer le grand écart stylistique qui les sépare. La version postérieure de La Brigue (vers 1510), avec son fond paysagé et non plus doré, atteste de l’assimilation des principales innovations de la Renaissance alors que celle de Nice, encore teintée d’archaïsme, assure la transition entre les canons gothiques et renaissants. Avec L’Adoration de Louis Bréa, la peinture provençale inaugure une nouvelle ère stylistique.

Louis Bréa
Une attribution suggérée par Michel Laclotte, ancien conservateur des peintures au Musée du Louvre et éminent spécialiste de la peinture française et italienne des XIVe et XVe siècles. Le panneau était auparavant attribué à l’école d’Avignon lors de son acquisition, à Paris dans les années 1950, par le propriétaire d’un grand laboratoire pharmaceutique. Ce changement d’identité est à l’origine de son achat par le Musée des beaux-arts de Nice, déjà riche d’une dizaine d’œuvres du plus grand peintre du comté.

Après 1475

Le tableau le plus ancien de Louis Bréa date de 1475. Il s’agit de La Pietà du monastère franciscain de Cimiez, près de Nice. Le tableau ci-contre lui est postérieur, mais relève stylistiquement des premiers travaux connus du peintre niçois.

Anges

Au-dessus de l’Enfant-Jésus, des anges entonnent un chant de louanges en l’honneur de la naissance du Sauveur. Il commence par ces paroles inscrites sur le phylactère : Gloire à Dieu et paix sur la terre.

160 000 €
Une somme réunie grâce au financement tripartite de la Ville, du Fonds régional pour l’acquisition
des musées (FRAM) et d’un fonds privé qui a souhaité garder l’anonymat. Une transaction facilitée
par le cabinet Éric Turquin (Paris), qui a servi d’intermédiaire entre le vendeur et le Musée du Louvre, à qui le tableau fut d’abord proposé.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°687 du 1 février 2016, avec le titre suivant : Louis Bréa - L’Adoration de l’Enfant

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