Mardi 18 décembre 2018

Collectivités locales

L’Indre-et-Loire mise sur le patrimoine

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 6 octobre 2006 - 692 mots

Le département lance un programme de grands travaux destinés à renforcer son offre.

 CHINON - «J’aurais parfois préféré que la guerre passe par là pour avoir moins de patrimoine à entretenir ! »,  lance en plaisantant Marc Pommereau, président (divers droite) du conseil général d’Indre-et-Loire. Son département est en effet le plus riche propriétaire de monuments historiques et culturels après Paris. « Nous gérons cet ensemble en bon père de famille, explique Jean-Yves Couteau, vice-président du conseil général chargé du patrimoine, mais nous n’en voulons pas d’autres ! » La collectivité ne s’est donc pas portée candidate au transfert des monuments « décentralisables » de l’État, à l’exception du château d’Azay-le-Rideau, qui a finalement été retiré de la liste. « Seul Azay nous intéressait car nous aurions pu en faire une tête de pont de notre politique touristique », poursuit Jean-Yves Couteau. Le lancement d’une politique de grands travaux concernant trois sites majeurs de Touraine – Chinon, Loches et Le Grand-Pressigny – vient en effet confirmer cet engagement du Département, qui consacre 3,59 % de son budget à la culture. Près de 25 millions d’euros vont ainsi être consacrés à ce programme. Ils seront abondés à hauteur de 25 %, respectivement par le Département, la Région, l’État et le Fonds européen de développement régional (Feder).
Pour le conseil général, l’investissement relève avant tout de la valorisation touristique, l’objectif étant de doubler la fréquentation de ces sites localisés sur les marges du département et d’assurer un nouveau maillage territorial. À Chinon, l’ancienne ville du sénateur Yves Dauge (PS) – membre du groupe d’études sur le patrimoine du Sénat –, la forteresse royale, qui accueille cent mille visiteurs par an, devrait de nouveau s’imposer dans le paysage. Délabrée depuis le XIXe siècle, elle fait d’ores et déjà l’objet de travaux, engagés au début de l’année, et destinés à doter l’ensemble d’un nouveau bâtiment d’accueil, mais surtout à remonter les vestiges du fort Saint-Georges et recréer les toitures disparues des logis royaux. Ce parti pris de restauration, auquel s’est longtemps opposée la commission supérieure des Monuments historiques, consiste à consolider l’ensemble mais surtout à redonner une homogénéité à la silhouette de la forteresse, sans procéder à une recréation à l’identique. « Nous souhaitons donner une image forte au site, à l’exemple de Carcassonne », précise l’architecte en chef des Monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan. Une restitution purement archéologique aurait surtout été nettement plus onéreuse. À Loches, la réflexion sur la cité royale se poursuit depuis les travaux de restauration du donjon engagés en 1994. Après le logis royal, ils touchent désormais la salle des graffitis, le cachot Sforza, l’oratoire d’Anne de Bretagne et l’aménagement de salles d’expositions temporaires. L’autre effort du conseil général concerne enfin le château du Grand-Pressigny et son Musée de la préhistoire. Cette ancienne place forte médiévale va faire l’objet d’une importante campagne de travaux. Après le refus en 2004 d’un premier projet d’agrandissement jugé trop dispendieux par le conseil général, le choix s’est porté sur la construction d’un nouveau bâtiment « contextuel » dû à l’architecte allemand Bernd Hoge. Celui-ci permettra de réorganiser le parcours de visite du musée, revu par sa nouvelle responsable, Catherine Louboutin, transfuge du Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. En réponse aux élus qui estiment qu’il faut « arrêter de considérer que l’archéologie, c’est “ emmerdant ” », la conservatrice en chef a conçu un projet qui permettra de « faire comprendre l’intérêt de l’existence d’un musée au Grand-Pressigny », haut lieu de la taille du silex au paléolithique. Le calendrier de ce programme est imposé par le Feder pour un achèvement des travaux en 2008. À l’horizon 2010, le département devrait ensuite s’atteler à poursuivre cet engagement en faveur de ses autres monuments et musées.

Les monuments appartenant au conseil général d’Indre-et-Loire

- Forteresse médiévale de Chinon - Cité royale de Loches - Musée de la préhistoire du Grand-Pressigny - Musée de l’hôtel Goüin à Tours - Musée Balzac à Saché - Musée Rabelais à Seuilly - Demeure de Ronsard à La Riche - Château de Candé à Monts - Depuis janvier 2005 : gestion du parc de Richelieu, propriété de la Chancellerie des Universités de Paris.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°244 du 6 octobre 2006, avec le titre suivant : L’Indre-et-Loire mise sur le patrimoine

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