Dimanche 18 novembre 2018

Les projets de Gabriella Belli, la directrice de l’institution

Rovereto et Trente inaugurent leur nouveau musée

Le Journal des Arts

Le 10 janvier 2003 - 801 mots

Le nouveau musée d’art moderne et contemporain de Rovereto et Trente, inauguré le 15 décembre 2002, était en gestation depuis 1988. Gabriella Belli, la directrice, qui a soutenu avec acharnement le nouveau Mart, nous présente le projet.

Quel a été l’investissement global ?
30 millions d’euros pour le musée, plus 30 autres qui ont été investis dans l’auditorium de 450 places adjacent à la structure principale du musée, ainsi que dans l’agrandissement de la bibliothèque municipale et la réalisation du parking.

Quel budget annuel avez-vous prévu pour le fonctionnement de la structure ?
Pour l’instant, nous avons prévu un budget de 5 millions d’euros par an.

Quels sont les objectifs institutionnels du nouveau musée ?
Le musée propose une très large représentation de l’art du XXe siècle, sur le plan des collections italiennes, mais également sur celui des principaux mouvements internationaux. Notre collection d’art, qui n’a rien à envier aux collections des grandes villes comme Turin, Milan ou Rome, est peut-être l’aspect le plus significatif de cette première phase de l’ouverture du musée. Si elle commence avec la “reconstruction futuriste de l’univers”, la collection retrace ensuite tout le XXe siècle italien pour venir aborder l’arte povera, l’art conceptuel, le pop art américain et l’art minimal. Elle se conclut sur les travaux d’artistes contemporains.

Quel est l’espace disponible pour la collection permanente ?
4 000 mètres carrés, grâce auxquels nous comptons exposer plus de 350 œuvres en accrochage alterné tous les semestres, en plus des grands chefs-d’œuvre. Les dépôts seront ainsi mis en valeur et nous pourrons toujours proposer de nouveaux approfondissements à notre public. L’espace prévu pour les expositions temporaires est, lui, de 1 600 mètres carrés environ.

Combien d’œuvres conserve le nouveau Mart ?
Environ 7 000, dont beaucoup viennent du fonds Depero, mais nous aurons entre 900 et 1 000 œuvres en rotation.

Que proposera le Mart ?
Il est équipé de toute une série de services indispensables à une grande structure. Mais, plus important encore, le musée a développé depuis longtemps, d’une manière tout à fait originale par rapport à la muséographie italienne, une vocation de recherche (les archives et la bibliothèque spécialisée dans l’époque du futurisme et des avant-gardes historiques). Nous pensons en effet le musée comme un lieu où l’on peut non seulement voir, mais également penser, projeter et produire de la culture.

Quels sont les points forts de l’institution ?
Avant tout, la collection permanente, qui conserve d’authentiques chefs-d’œuvre ; ensuite, cette zone de recherches dont je vous ai parlé ; enfin, le musée possède un service pédagogique très bien organisé, j’entends par là non seulement pour l’enseignement, mais également à destination du public adulte.

Quelle sera votre programmation pour les expositions temporaires ?
Il existe déjà un programme décliné sur trois ans. Notre musée ne se spécialisera pas dans de simples expositions monographiques, nous poursuivrons plutôt un discours d’approfondissement de problématiques émergentes qui nous semblent particulièrement significatives. En 2003, nous organisons une exposition centrée sur l’utilisation du fil de broderie dans l’art d’aujourd’hui, et une autre sur le thème du corps comme surface d’écriture, des anthropométries d’Yves Klein jusqu’à nos jours. Nous proposerons ensuite une exposition sur la production céramique de Fausto Melotti, encore méconnue. Puis, en décembre 2003 débutera une exposition dédiée au thème de la montagne entre art et science, de l’an 1500 à nos jours, fruit de la collaboration entre le Mart, l’université de Trente, le Castello del Buonconsiglio et le Musée des sciences naturelles. Des salles de projection sont aussi prévues pour les jeunes créateurs, ainsi que des rencontres avec les artistes figurant dans notre collection, des cycles de conférences, des présentations de livres et un forum de cinéma. Nous bénéficions également d’un petit auditorium de 150 places adjacent au grand auditorium de Rovereto.

Pouvez-vous nous présenter l’exposition inaugurale ?
Le musée s’ouvre sur une exposition intitulée “Les chambres de l’art” dans laquelle le visiteur peut découvrir, à travers les œuvres exposées, l’évolution de l’histoire de l’art au XXe siècle, vue sous l’angle de la collection du musée. Elle réunit des œuvres de Giacomo Balla, Fortunato Depero, Enrico Prampolini, Tullio Garbari, le Douanier Rousseau, Fernand Léger, Pablo Picasso, Joan Miró, Wassily Kandinsky... Il s’agit de mettre en évidence la proximité de la production artistique malgré la distance géographique qui sépare les artistes.

Il a été question de changer la forme juridique d’abord choisie pour le musée...
Il est important, avant de déterminer la formule que nous nous fixons, de définir les objectifs concernant le rapport entre public et privé. Une fois cela établi, il sera facile de trouver la forme juridique adéquate. En outre, nous recherchons très activement, y compris sur le territoire national, des interlocuteurs éventuellement intéressés par un partenariat sur des projets culturels. Le problème de la redéfinition de l’architecture institutionnelle fait partie des objectifs principaux, même si la formule est déjà très souple et bien avancée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°162 du 10 janvier 2003, avec le titre suivant : Les projets de Gabriella Belli, la directrice de l’institution

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