Lundi 17 décembre 2018

Les nouveaux habits de Tiepolo

La galerie Tiepolo du Met revue selon John Pope-Hennessy

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1995 - 461 mots

Ouverte au public depuis le 12 septembre, la nouvelle galerie Tiepolo, située en haut du grand escalier du Metropolitan Museum of Art de New York, parachève le projet commencé par John Pope-Hennessy en 1978.

NEW YORK (de notre correspondant) - L’une des premières tâches entreprises par Sir John Pope-Hennessy, lorsqu’on lui confia la direction du département des Peintures européennes du Metropolitan Museum of Art de New York fut de revoir l’accrochage de la galerie consacrée à la peinture italienne, située en haut du grand escalier.
 
L’historien de l’art, décédé il y a un an, pourtant spécialiste de la Renaissance italienne, délogea alors les tableaux de Raphaël, Botticini, Francia, Bugiardini et du Corrège pour installer à leur place tout un ensemble de peintures et dessins à l’huile de Giambattista Tiepolo (1696-1770), dominé par trois immenses toiles inspirées de l’histoire romaine et exécutées pour le grand salon de la Ca’Dolfin à Venise, Le Triomphe de Marius, La Prise de Carthage et La Bataille de Vercellae. Cinq autres peintures du même cycle se trouvent à l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, et deux au Kunsthistorisches Museum, à Vienne.

Le projet, financé à l’époque par Jack Heinz, prévoyait de nettoyer et de réencadrer les trois grandes toiles et de tapisser les murs d’un tissu Fortuny, spécialement tissé pour la circonstance. L’inauguration de la galerie, en 1978, rencontra un formidable succès.

Surélever le plafond de 3,5 m
Dix-sept ans plus tard, la galerie Tiepolo a été redessinée de manière radicale sous la direction du conservateur Keith Christiansen : "L’idée de John Pope-Hennessy, que le Met vient enfin de mettre en pratique, consistait notamment à surélever le plafond de trois mètres et demi, une entreprise délicate car elle obligeait à déposer les poutrelles d’acier de la structure ainsi que les gaines d’air conditionné, installées lorsqu’on avait abaissé le plafond dans les années cinquante."

 "À l’époque, poursuit-il, la grande voûte de Richard Morris Hunt, qui servait d’entrée aux galeries, a été en partie détruite et remplacée par une fenêtre circulaire. Tout a été remodelé, et l’ensemble a retrouvé son aspect d’origine."

Les tableaux ont été retendus et pourvus de nouveaux cadres, dont la forme rappelle ceux d’origine. Si l’on en croit Keith Christiansen, c’est ce que John Pope-Hennessy aurait toujours eu l’intention de faire, et seules des considérations d’ordre financier l’en aurait empêché.

Les dessins à l’huile occupent désormais une galerie adjacente, plus intime, et les toiles de la Ca’Dolfin sont entourées de fresques représentant les continents, les arts et les sciences, exécutées par Giambattista et Domenico Tiepolo pour le Palazzo Valle-Marcesini-Sala de Vicence. Le tissu Fortuny a disparu, remplacé par un respectable apprêt en plâtre beige rosé. Et c’est de nouveau la Heinz Family Foun­dation qui a financé les améliorations apportées à ce projet, lancé il y a dix-sept ans.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°18 du 1 octobre 1995, avec le titre suivant : Les nouveaux habits de Tiepolo

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