Les cadeaux du signor Martini

Le Journal des Arts

Le 7 décembre 2001 - 384 mots

À Venise, la Ca’ Rezzonico brille de toute sa splendeur sur le Grand Canal. Entièrement restauré, le Musée du Settecento qu’elle abrite, s’est enrichi d’une donation exceptionnelle de quelque 265 tableaux de l’école vénitienne. Dépassant ses spécificités, l’institution ouvre ainsi ses collections aux XVIe et XVIIe siècles.

VENISE (de notre correspondante) - La Ca’ Rezzonico de Venise, récemment rouverte au public après de longues années de travaux (lire le JdA n° 132, 14 septembre 2001) a inauguré au cours du mois d’octobre les nouvelles salles consacrées à la donation d’Egidio Martini. Quelque 265 toiles ont ainsi trouvé place aux troisième et quatrième étages du Musée du Settecento vénitien sur le Grand Canal. Après la collection Correr à l’origine du musée éponyme, l’ensemble Martini est la plus importante des donations dont Venise peut s’enorgueillir. Peintre à ses heures, puis restaurateur et historien de l’art, Egidio Martini a notamment mené plusieurs recherches sur la peinture vénitienne qui n’ont jamais été reconnues par le milieu académique. La collection se déploie chronologiquement dans treize salles de la Ca’ Rezzonico : des œuvres vénitiennes des XVe et XVIe siècles – une Madone à l’enfant de Cima da Conegliano et Les Prophètes Daniel, Habacuc et un ange avec saint André de Paris Bordon (1500-1571) – ouvrent le parcours. La pinacothèque Egidio Martini documente également la culture figurative du Seicento, peu illustrée dans les musées vénitiens. Ainsi, trois salles regroupent des tableaux de Padovanino “encore sous-évalué”, une vingtaine d’œuvres de Giulio Carpioni, quinze de Pietro Vecchia “autre peintre oublié par les musées”. Les collections se sont notamment enrichies de nombreuses œuvres du XVIIIe siècle. Y prennent place Le Portrait du doge Giovanni II de Tiepolo et La Résurrection du Christ de Sebastiano Ricci, décorant autrefois le plafond d’une des chapelles de San Geminiano, détruite pour laisser place à l’Ala napoleonica. Inconnu des collections vénitiennes, Nicola Grassi (1682-1748) a trouvé, grâce au fonds Martini, une nouvelle place au sein de l’histoire de la peinture vénitienne. Sept toiles – paysages et caprices – de Marco Ricci (1676-1730) constituent le cœur de la nouvelle collection du Ca’ Rezzonico – cinq d’entre elles ont été attribuées au peintre par le collectionneur lui-même. Ayant réalisé personnellement l’accrochage des œuvres et l’aménagement des salles, Egidio Martini a cherché à conjuguer l’aspect chronologique au point de vue thématique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°138 du 7 décembre 2001, avec le titre suivant : Les cadeaux du signor Martini

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