Jeudi 13 décembre 2018

Les Brèves : Retables en série, Le château des ducs de Savoie...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 21 novembre 1997 - 898 mots

Retables en série
Les analyses effectuées au cours de la restauration du tableau L’Ascension du Christ avec la Vierge et les Apôtres, exécuté par le Pérugin au début du XVIe siècle, ont livré plusieurs informations intéressantes sur l’artiste et les techniques de l’époque. Révélé par les rayons infrarouges, le très beau dessin préparatoire de ce retable de l’église Saint Jean-L’Évangéliste, à Sansepolcro, confirme l’intervention directe du maître. L’analogie de la composition avec celle du retable de l’église Saint-Pierre à Pérouse, aujourd’hui conservé au Musée de Lyon, témoignerait par ailleurs de la pratique, courante au XVe siècle, de l’usage répétitif des cartons. Cette pratique se retrouve notamment dans les ateliers du Pérugin, de Piero della Francesca et de Luca Signorelli.

Le château des Ducs de Savoie, à Chambéry, qui abrite la Préfecture et le Conseil général de Savoie, a été partiellement ravagé par un incendie, probablement accidentel, mais les parties les plus anciennes et le mobilier ont été épargnés. L’incendie s’est déclaré au 3e étage du bâtiment, dans le central des transmissions, et pourrait avoir été causé par un court-circuit du standard téléphonique. Près de la moitié de la toiture a été détruite et certains appartements de fonction, dont celui du préfet, ont été endommagés par l’eau. La partie la plus touchée abritait la Préfecture et datait du XIXe siècle. Les tours d’époque médiévale et d’autres corps du bâtiment ont été épargnés. Le château était la résidence principale des ducs de Savoie jusqu’en 1561. Il a été donné au département par Napoléon III.

Christian Leblanc, directeur de la mission archéologique française à Thèbes-Ouest, espère remonter au début du siècle prochain les 600 pièces composant la statue colossale de Ramsès II à Louxor. Cette statue en granit rose, haute de 16 mètres et pesant plus de 1 000 tonnes, représente sous son aspect divinisé le roi assis, et gît depuis 2000 ans dans la cour du Ramesséum, le temple funéraire à la gloire du plus grand pharaon du Nouvel Empire, sur la rive ouest de Louxor, l’ancienne Thèbes. Seul le piédestal est en place et 600 morceaux jonchent la première cour du Ramesséum, car la statue a été débitée par les carriers à l’époque romaine (Ier siècle ap. J.-C.). La largeur d’une oreille à l’autre fait plus de deux mètres, celle d’une épaule à l’autre, sept mètres.

Ptolémée. Une édition, datant du XVe siècle, du Traité de géographie de Ptolémée a été apparemment dérobée à la Bibliothèque nationale de France. Cet ouvrage existe en 15 exemplaires dans le monde et est estimé entre 3 et 5 millions de francs. La dernière personne à l’avoir emprunté, au mois d’août, a été mise hors de cause par la Brigade de répression du banditisme (BRB), chargée de l’enquête.

Deux tombes de la Vallée des Rois, fermées depuis près d’un an pour restauration, ont été rouvertes au public. Il s’agit de celles de la reine Taousert, et de Sethi II. Par ailleurs, plus au nord, à Dra Aboul Neggah, le service des Antiquités a ouvert pour la première fois au public deux tombes de nobles de la fin de la XVIIIe dynastie (1580-1314 av. J.-C.). Il s’agit de Shou Roy, supérieur des encenseurs au Temple, et de Roy, intendant du pharaon Horemheb.

Gianni Mattioli rancunier ? Conseiller des musées municipaux italiens pour les acquisitions d’art moderne, mais aussi grand collectionneur milanais, Gianni Mattioli vient de prêter, pour une durée de cinq ans, vingt-six tableaux à la Peggy Guggen­heim Collection de Venise. Ce choix d’une institution américaine n’est pas totalement innocent : dans les années soixante, Mattioli avait difficilement admis la décision du gouvernement italien de classer sa collection – rassemblée dans l’immédiat après-guerre –, lui interdisant par là toute sortie définitive du territoire. Son prêt concerne principalement le volet futuriste qui a fait la réputation de l’ensemble. La Peggy Guggenheim Collection s’enrichit ainsi temporairement d’œuvres de Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Depero, Morandi, Luigi Russolo, Rosai, Sironi et Gino Severini.

Dahlem déménage
Les deux mille œuvres de la Gemälde­galerie installée à Dahlem, dans les faubourgs de Berlin, sont en cours de transfert vers leur nouvelle résidence, au centre de la capitale. Le nouveau bâtiment, dessiné par les architectes munichois Hainz Hilmer et Christoph Sattler, a coûté 280 millions de deutschemarks (938 millions de francs français). Un millier d’œuvres doivent également venir du Bode­museum. L’inau­guration de l’ensemble est prévue pour juin 1998, avec, en vedette, le Retable de Wurzach de Hans Multscher, récemment restauré. Les deux tiers de la collection seront visibles sur rendez-vous, tandis que les 900 toiles qui illustrent l’histoire de la peinture occidentale du XIIIe au XVIIIe siècle seront exposées en permanence.

Avis de recherche
Le Musée national d’art occidental de Tokyo recherche des renseignements sur deux panneaux de la prédelle d’un retable exécuté en 1408, représentant l’ordination de Saint Stéphane (à droite) et la guérison miraculeuse d’une femme malade (à gauche). Le musée, qui a récemment acquis trois panneaux peints par Mariotto di Nardo, envisage la publication d’une monographie reconstituant le retable dans son ensemble. D’autres panneaux ont été localisés dans des musées américains, à l’exception de ces deux-là dont on a perdu la trace depuis 1920 et qui ne sont connus que par des photographies. Aucune récompense n’est prévue, si ce n’est la satisfaction de faire progresser l’histoire de l’art. Écrire à Michiaki Koshikawa, conservateur du Musée national d’art occidental, 7-7 Ueno-koen, Taito-ku, 110 Tokyo, Japon, tél. 81 3 3828 5131, fax 81 3 3828 5797.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°48 du 21 novembre 1997, avec le titre suivant : Les Brèves : Retables en série, Le château des ducs de Savoie...

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