Samedi 16 février 2019

Les Brèves : National Gallery et Tate Gallery, Trésor de Saxe, Palais Royal de Madrid...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1996 - 1122 mots

À Londres, la National Gallery et la Tate Gallery vont échanger soixante-quatre tableaux. À partir du mois d’avril 1997, les peintures européennes d’avant 1900 seront présentées à la National Gallery tandis que les œuvres du XXe siècle iront à la Tate, où la peinture britannique de toutes les époques continuera d’être exposée. La National Gallery prêtera à long terme à la Tate 13 œuvres postérieures à 1900 en échange de 51 œuvres du XIXe siècle. D’autres échanges pourraient être conclus entre la Tate Gallery et le Victoria & Albert Museum.

Une partie du fabuleux trésor de la famille régnante de Saxe, enterré à la fin de la Seconde Guerre mondiale près du château de Moritzburg, au nord de Dresde, a été retrouvée par un homme équipé d’un détecteur de métal. Les trois caisses ont été remises au Dr Dirk Syndram, conservateur du trésor royal du Grünes Gewölbe de Dresde (qui rouvrira d’ici l’an 2001). Elles contenaient cent cinquante objets, dont une importante collection de pièces et de médailles, une coupe en forme de tête de maure coiffée d’un plumet rehaussé de pierres précieuses, réalisée au XVIe siècle par Wenzel Jamnitzer, le plus grand orfèvre de Nuremberg, ainsi qu’une "griffe de griffon", une coupe à boire du XIXe siècle.

Les vestiges du premier palais royal de Madrid, construit pour les Habsbourg aux XVIe et XVIIe siècles, ont été détruits par les autorités de la ville. Il a été jugé que les deux façades du palais, découvertes sous la Plaza de Oriente, ne méritaient pas d’être préservées. Cette décision a été prise en dépit de l’opposition d’un certain nombre d’experts, dont le directeur du Musée du Prado et l’un des responsables des fouilles, Manuel Retuerce, qui a démissionné.

L’État et l’Église italiens ont signé le 13 septembre un accord qui modifie le Concordat de 1984 et fixe les modalités de "collaboration" entre les deux parties pour la conservation des biens culturels ecclésiastiques. Des réunions seront organisées par le ministère des Biens culturels afin d’informer les institutions ecclésiastiques des interventions à entreprendre sur les biens culturels religieux en leur possession. L’accord prévoit également qu’un observatoire central se réunira tous les six mois afin de vérifier le bon déroulement des opérations. Il s’attachera aussi à résoudre les éventuels problèmes les opposant.

Pompéi en sachet. Les deux millions de touristes qui visitent chaque année Pompéi peuvent désormais se procurer un sachet de graines et faire pousser les plantes et les fleurs qui em­bel­lissaient les jardins pompéiens il y a deux mille ans. La Mission archéologique locale est à l’origine de cette initiative supervisée par le Laboratoire de recherches archéo-environnementales.

La Maison rouge est à vendre. La William Morris Society lance une collecte de fonds afin de recueillir les 1,5 million de livres (13 millions de francs) nécessaires à l’achat de la Red House située à Bexleyheath, dans la banlieue sud-est de Londres. Cette maison en briques rouges de style gothique, construite en 1859 pour l’artiste William Morris par son ami architecte Philip Webb, est mise en vente par son actuel propriétaire, Edward Hollamby, qui souhaite la voir sauvegardée.

Les IXe Entretiens du Patrimoine seront présidés par l’historien Jacques Le Goff du 6 au 8 janvier au palais de Chaillot à Paris. Ils seront consacrés aux passions identitaires suscitées par le patrimoine, en France et dans le monde. Héritage patrimonial et constitution d’identité seront évoqués la première journée, la pratique concrète de la politique patrimoniale en France sera discutée le lendemain, et les questions d’actualité seront abordées le dernier jour.

Le transfert des cendres d’André Malraux au Panthéon s’accompagne d’une "exposition documentaire" dans la crypte (à partir du 24 novembre), d’un cédérom (Le Panthéon : de Voltaire à Malraux, production CNMHS, PC ou Mac, 229 F) et d’un livre (Jean-François Chanet, Les grands hommes du Panthéon, éd. du Patrimoine, 60 F). L’exposition, préfiguration d’une nouvelle présentation permanente, rassemblera 37 panneaux et quelques bornes interactives pour une durée d’un an environ.

Nicolas Kennett est lauréat du Prix Susse 1996. Âgé de 29 ans, ce sculpteur animalier a reçu un prix de 15 000 francs pour la réalisation d’une œuvre en bronze à la Fonderie Susse.

Le bouddha en argile, haut de dix-sept mètres, qui se trouve au centre des grottes de Dafuosi (province du Shaanxi) a été restauré grâce à une équipe et à des fonds allemands. Restaurateurs, chimistes, physiciens et architectes ont notamment consolidé la base de la sculpture, fragilisée par le haut degré d’humidité de la grotte et l’instabilité de la roche. Les 107 grottes de ce site bouddhique, centre de pèlerinage depuis quatorze siècles, abritent 1 498 autres statues nécessitant une restauration. Ce projet est le premier d’une série programmée par les Allemands dans la province du Shaanxi. À Xi’an, leur intervention porte sur l’armée de soldats en terre cuite de la tombe de Qin Shi Huangdi, premier empereur de Chine, afin de stabiliser la couche de peinture polychrome qui recouvre les statues.

Treize sculptures en grès pillées à Angkor ont été restituées au Cambodge par le gouvernement thaïlandais. Ces chefs-d’œuvre de l’art khmer avaient été saisis dans la boutique d’un antiquaire de Bangkok, il y a six ans. Voilà des années que l’Unesco – qui a favorisé la restitution des statues – dénonce les pillages répétés et le trafic clandestin de pièces provenant d’Angkor, mais c’est la première fois que la Thaïlande consent à une restitution.

Classée zone militaire pendant quarante ans, la nécropole de Dahchour vient d’être rouverte au public. Située à une quarantaine de kilomètres au sud du Caire, elle comprend cinq pyramides, dont la plus ancienne d’Égypte : la pyramide Rouge, érigée par le pharaon Snéfrou vers 2700-2600 ans av. J.-C. Avec ses 99 mètres, elle n’est dépassée que par les pyramides de Khéops – fils de Snéfrou – et de Khéphren, respectivement hautes de 137 et 136 mètres. Les visiteurs pourront également admirer la pyramide "rhomboïdale" qui représente un moyen terme entre la pyramide à degrés et la pyramide parfaite.

Le monument funéraire du doge Michele Morosini conservé dans la basilique dei Santi Giovanni e Paolo à Venise a pu être restauré grâce au comité américain Save Venice. Réalisé au début du gothique international – le doge est mort en 1382 –, ce monument illustre la synthèse entre architecture, sculpture et peinture qui caractérise cette période. La fixation du tombeau a été consolidée, et un nettoyage a permis de lui redonner son ancienne polychromie. Les couleurs de la mosaïque de la lunette sont ressorties dans tout leur éclat. Celle-ci représente une crucifixion à laquelle assistent le doge et son épouse, probablement d’après un carton toscan, mais attribuée par Wolfgang Wolters à des artistes vénitiens proches de Lorenzo Veneziano. L’intervention a mis en évidence la sinopia de l’ancienne fresque qui entourait le monument et qui était déjà illisible au début du XVIIIe siècle.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°31 du 1 décembre 1996, avec le titre suivant : Les Brèves : National Gallery et Tate Gallery, Trésor de Saxe, Palais Royal de Madrid...

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