Les bienfaits d’une catastrophe

Une fresque du Pérugin découverte

Le Journal des Arts

Le 9 octobre 1998

Les restaurations entreprises autour d’Assise à la suite du tremblement de terre ont permis une découverte exceptionnelle : une fresque attribuée au Pérugin est apparue sur la façade de l’église de la Porziuncola, autour de laquelle a été bâtie la basilique Santa Maria degli Angeli.

ASSISE (de notre correspondant) - Quelques mois de travaux ont rendu leur éclat aux peintures et aux ornements de l’église Santa Maria della Porziuncola, à l’intérieur de la basilique Santa Maria degli Angeli. Située dans le village du même nom, au pied d’Assise, la petite église avait été donnée en 1208 par les Bénédictins à saint François, qui l’avait restaurée afin d’y fonder l’ordre des Frères mineurs franciscains. Les travaux récents ont été entrepris à la fois pour ôter la suie des bougies et la poussière, et pour réparer les légers dommages causés par le tremblement de terre de l’an dernier.

Ils ont eu un résultat inattendu : une fresque est apparue sur la partie externe de l’abside, que plusieurs éléments permettent d’attribuer au Pérugin. De forme triangulaire (mais vraisemblablement rectangulaire à l’origine), elle représente une Crucifixion. Une grande partie de cette fresque a disparu, probablement en 1569, au moment de la construction de la basilique Santa Maria degli Angeli par Alessi et Vignola. En dehors des considérations stylistiques, l’attribution à Pietro Vannucci est confirmée par des documents d’archives attestant de la présence du maître en juillet-août 1486, et la mention de la fresque par Vasari dans la Vie du Pérugin.

En dehors de cette découverte, la restauration – la première depuis longtemps – a rendu son ancien aspect au toit en pierre blanche et rose d’Assise, orné d’étoiles et de carrés. Cette toiture date de la milieu du XIVe siècle, et permet de rattacher à cette période la transformation de l’église d’origine (XIIIe siècle). Ces travaux sont représentés dans le retable d’Ugolino di Prete Ilario situé derrière l’autel et qui a été également restauré. D’autres lambeaux de fresques ont aussi été découverts dans la zone du presbytère. L’église sera d’ici peu couverte, pour la protéger avant le début de la rénovation de la basilique, gravement endommagée par le tremblement de terre. Le bronze colossal de la Madone, menacé par l’écroulement de la façade, a déjà été déposé par les pompiers sur la place devant la basilique.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°68 du 9 octobre 1998, avec le titre suivant : Les bienfaits d’une catastrophe

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