Vendredi 23 février 2018

Fayoum

L’Égypte revisitée

Le Fayoum, cent ans après les Anglais

Le Journal des Arts

Le 8 juin 2010

Une équipe italienne fouille Bakkias, une cité de la période ptolémaïque.

LE CAIRE - Mario Capasso, professeur de papyrologie à l’Université de Lecce, et Sergio Permiti, titulaire de la chaire d’égyptologie à l’Université de Bologne, mettent actuellement au jour l’antique cité de Bakkhias, sur le site de l’actuelle Oumm el-Atl, dans l’oasis du Fayoum. L’équipe italienne est soutenue financièrement par l’Institut italien d’Études philosophiques de Naples, par Corrado Basile, directeur du Musée du papyrus de Syracuse et par les universités de Bologne et de Lecce.

Le site a déjà été exploré voici un siècle par trois égyptologues anglais : Grenfell, Hunt et Hogarth. Mais les Anglo-Saxons n’avaient pas fait de fouilles systématiques.

Une cité au cœur de la Basse Égypte
On ne possédait aucun relevé cartographique de la ville, pas davantage de connaissance du type ou de l’implantation des édifices, ou quoi que ce fût sur la culture urbaine de l’ensemble. En trente jours – durée de la première partie d’une série de campagnes de fouilles prévue pour s’étaler sur dix ans – les Italiens ont mis au jour un quartier entier.

Une structure est définie comme "étrange " par les spécialistes : il semblerait qu’il s’agisse d’une porte de la ville, celle d’où partait la route directe pour Memphis. La cité de Bakkhias se trouve en effet au cœur de la Basse Égypte. On a dégagé aussi une série d’édifices, dont une construction en terrasses à destination probablement cultuelle et un poste militaire. Mais la trouvaille la plus intéressante, dans une des pièces d’habitation, est une "cuisine", avec des traces de brûlure et de suie sur les murs, des ossements d’animaux, et un beau vase qui contenait probablement des graines ; en outre, un papyrus gâté par l’humidité et qui a dû servir pour attiser le feu.
On a reconnu aussi la nécropole de la ville qui n’avait été "fouillée" par les Anglais que pour y trouver des papyrus.  L’étude des sépultures et de ce  qu’elles renferment donnera des informations précieuses sur la vie de l’antique cité – ce qui est l’objectif de l’équipe italienne.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : L’Égypte revisitée

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